Les textes d’autrefois, l’édition d’aujourd’hui.

Vienne et la vie viennoise

Victor TISSOT

Cet ouvrage est moins un récit de voyage que la présentation vivante et objective, presque journalistique, d’un pays, à l’intention d’un public curieux et cultivé : riche arrière-plan politique, historique, géographique, culturel et économique ; le sens politique aigu de l’auteur lui fait entrevoir jusqu’aux crises du XXe siècle.

« Les visites et rencontres, dans un monde sans touristes où les portes s’ouvrent simplement au voyageur curieux, sont aujourd’hui inimaginables. »

   

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L’été, le carnaval se transporte et se continue au Prater, qui est aussi une de ces choses uniques au monde et qu’on ne trouve qu’à Vienne. Figurez-vous les Champs-Élysées et la foire de Saint-Cloud, au milieu du bois de Boulogne : à chaque pas on rencontre des théâtres, des cirques, des hippodromes, des panoramas, des ménageries, des somnambules, des carrousels, des brasseries, des auberges hongroises, de grands restaurants à la mode ; et partout il y a de la musique, partout l’on danse ! Que faisait l’Autriche après Solferino ? Elle chantait. Que fait-elle après Sadowa ? Elle danse ! Dans l’avenue principale roulent les équipages princiers, attelés quelquefois de quatre et cinq chevaux, avec des cochers galonnés, des chasseurs au chapeau à plumes ; dans les sentiers ombragés qui courent vers le Danube, des familles entières s’en vont, en se donnant la main, en bras de chemise, la redingote accrochée au bout d’un bâton, se livrer aux grasses voluptés d’un dîner champêtre sur la mousse, à l’ombre d’un chêne. Les marchands de salami et de fromage, avec leur immense cabas de cuir, surgissent de derrière chaque buisson en poussant leur cri de : « Salami ! Salamuzzi ! » On mange, on dort, on boit, on danse, puis on mange de nouveau, et l’on s’en revient en faisant des stations dans toutes les brasseries qui sont sur le chemin. C’est toujours la Bête qui conduit la Belle. Devant les débits de bière, on forme souvent la chaîne, comme s’il s’agissait d’éteindre un incendie. Et chaque dimanche, on tire des feux d’artifice qui éclairent la vaste forêt comme les rayons d’un soleil de nuit.

Victor Tissot

15 août 1845, Fribourg (Suisse)
† 6 juillet 1917, Paris

Études à Fribourg en Brisgau, Tübingen, Leipzig, Vienne.

En 1866 à Paris, il collabore au dictionnaire Larousse, au dictionnaire universel, puis, de retour en Suisse, devient rédacteur à la Gazette de Lausanne.

Nombreux voyages, sources d’une importante activité d’écrivain voyageur. Traducteur à ses heures, on lui doit aussi une dizaine de romans.

Il se fixe à Paris en 1874, et en 1891, inaugure la rubrique littéraire du Figaro, et assume la rédaction de l’almanach Hachette de 1894 jusqu’à sa mort.

Il lègue à la ville de Bulle, en Suisse, les fonds nécessaires à la construction d’un musée et d’une bibliothèque.

Du même auteur :
La Suisse inconnue

Préface

PREMIÈRE PARTIE

La route. – De Venise à Vienne – Un jour à Venise. – Les rues, les églises. – Souvenir de l’ancienne république. – Vie des jeunes nobles. – Mœurs et habitudes. – Saint-Marc. – Le palais des Doges. – Le Ghetto. – J.-J. Rousseau à Venise. – Les ridotti. – Venise vue du Campanile. – Les deux Manin.

II. Départ de Venise. – La bora. – Trieste. – La langue et les types. – Le marché. – Le Tergesteo. – La cathédrale. – Le théâtre. – Le dimanche à Trieste.–

III. Miramar. – Maximilien et Charlotte. – Le cabinet de travail de Maximilien. – Le voyage au Mexique. – Bazaine et Maximilien. – Le drame de Queretaro.

IV. Le désert du Carst. – Göritz. – Conversation avec un curé allemand qui a très chaud et très soif. – Le couvent de Castanovizza – Ma visite au comte de Chambord.

V. Une vieille fantastique. – L’Istrie. – l’Illyrie. – Les grottes d’Adelsberg. – La Styrie. – La situation actuelle de l’Autriche. – Une commis voyageuse de Berlin. – L’éboulement de Steinbrück. – Graz. – Les Prussiens en Autriche. – Chasseurs styriens. – Le champagne Bismarck.

VI. Un romancier galicien. – Comment Sacher-Masoch est devenu écrivain. – Ses œuvres. – Son salon. – Trois anecdotes sur le comédien Zulhowski.

VII. Bruck an der Mur. – Leoben. – La plume de Napoléon. – La vallée de la Murz. – Le Semmering. – Le Diable Rouge. – Neustadt. – Une conjuration hongroise. – Bade. – Le château de Radbot.

SECONDE PARTIE

Vienne – Vienne, ville ouverte. – L’ambassadeur d’Angleterre et le cabinet noir. – Physionomie de la vieille ville. – Vienne et Berlin. – Vienne n’est pas une ville allemande. – De la place Saint-Étienne au Graben. – La rue des Juifs. – La nouvelle Jérusalem.

II. Le Marché supérieur. – Le Hof. – L’Arsenal de la commune. – La tête de Kara-Mustapha. – Pie VI à Vienne. – Un candélabre historique. – L’assassinat de Latour. – L’Hôtel de Ville. – L’église de Maria-Steigen. – Un mariage de nains.

III. Du télégraphe et de son utilité. – Les portiers viennois. – La nouvelle Bourse. – Le Krach de 1873. – Jeux et divertissements des coulissiers. – Les tramways. – Le palais Harrach. – Wallenstein à Vienne. – Une séance du Parlement. – Les nouvelles constructions du Ring. – Le Volksgarten. – Les écuries impériales. – L’Albertina ; les dessins de Callot et de Dürer. – Le prince Lobkowitz ; son histoire.

IV. La place Schiller. – L’Opéra. – Hôtels et Palais. – Le duc de Richelieu à Vienne. – Un musée autrichien. – L’industrie Viennoise. – Où est le beau Danube bleu ? – Les enseignes. – Paris partout. – Omnibus, fiacres et cochers. – Le marquis cocher. – La promenade du Ring. – Les types.

V. L’imprimerie impériale. – La censure et la presse en Autriche. – Les journaux de 1848. – La Presse et la Nouvelle Presse. – Le directeur de la presse française à Vienne. – L’américanisme dans la presse viennoise. – La presse du revolver. – Le Fremdenblatt. – La Correspondance politique. – Le Tagblatt. –Le Messager de Vienne. – Le Danube. – Les Journaux illustrés. – La Concordia.

VI. Physionomie des rues de Vienne. – Les petites industries. – Le portier fiscal. – Les affiches. – Les bureaux de loterie. – Comment fut introduit l’usage du café dans la chrétienté. – Le premier café de Vienne. – Le café de Daum et son histoire. – La clientèle des cafés et des brasseries. – Les caves. – Vienne à table.

VII. La légende du « tronc au fer ».

VIII. Beaux jours d’hiver. – Maître Pilgram. – La légende de la cathédrale. – L’ascension de la tour. – Les cloches. – Les guetteurs. – La plate-forme. – Le banc de Starhemberg. – La monarchie austro-hongroise à vol d’oiseau.

IX. Les soldats autrichiens à l’exercice. – Épisodes des batailles de Solferino et Königgrätz. – L’Autriche est une monarchie militaire. – L’armée impériale. – Les réformes après 1866. – Une visite au général Uchatius à l’Arsenal de Vienne.

X. Le château impérial. – Un peu d’histoire. – Le trésor de la couronne. – Les joyaux du Saint Empire. – Cérémonie religieuse dans l’intérieur du Burg. – La Bibliothèque impériale. – Anecdotes sur Joseph II.

XI. L’église de la cour. – Le tombeau de l’archiduchesse Christine et le tombeau du maréchal Daun. – Le caveau impérial de l’église des capucins. – Coup d’œil général sur le règne de Marie-Thérèse. – Ses prophéties politiques. – La France est restée sympathique à l’Autriche.

XII. Simplicité de la cour d’Autriche. – L’empereur Ferdinand. – Sa popularité. – L’avènement de François-Joseph. – Sa conduite au siège de Raab. – Son retour à Vienne, – Son mariage. – Sadowa et le général Benedek. – Le bilan du règne. – François-Joseph dans la vie privée. – L’impératrice. – Le prince impérial.

XIII. Le dimanche à Vienne. – Les églises. – Leur public. – Vienne, capitale de la musique. – Gluck et Marie-Antoinette. – Mozart. – La passion de la musique. – La dynastie des Strauss.

XIV. Le théâtre. – Hans Wurst. – Le théâtre du Burg. – Son répertoire. – Les acteurs. – Le théâtre de la ville. – Le Theater-an-der-Wien. – Les « Possen. » – L’opérette.

XV. Origine de l’opéra à Vienne. – Le nouvel Opéra. – La salle. – La ventilation. – Les décors. – L’orchestre. – Le corps de ballet. – Une aventure du chanteur Formes. – Les coulisses. – La saison italienne. – La Patti et le public viennois. – Une répétition générale. – Wagner et l’empereur Guillaume. – La sortie de l’Opéra. – L’Opéra Comique. – Les cafés chantants.

XVI. La prison de la rue de l’Étoile. – Les enfants. – Un meunier. – Une famille de misérables. – La charité à Vienne. – Une femme en cage. – L’album de photographie de la prison. – La maison d’arrêt communale. – L’arrivage. – Les heimatlos. – Un fils des Carpates.

XVII. Le faubourg de l’Alser. – La prison du tribunal suprême. – L’argent dans les prisons. – Les cellules. – Le télégraphe des prisonniers. – L’antiquaire Weininger. – La fausse comtesse Kinsky. – L’amour dans les prisons. – Correspondance secrète. – La cuisine. – Les condamnés à mort.

XVIII. L’assassin Hackler. – Souvenirs de Francesconi. – Vienne à six heures du matin. – La « cour des cadavres. » – Préparatifs de mort. – Hackler au gibet.

XIX. L’aristocratie, son luxe au siècle dernier. – Les nobles Viennoises et leurs sigisbées. – La galanterie à la cour. – Les aventures amoureuses de Lanpensberg. – La noblesse actuelle. – Les salons. – L’esprit viennois. – Les titres nobiliaires. – Les domestiques. – La bourgeoisie. – Les intérieurs. – Budgets de ménages. – Le carnaval de Vienne. – Le Prater. – Le Viennois. – La Viennoise.

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