Les textes d’autrefois, l’édition d’aujourd’hui.

Heures d’Afrique

Jean LORRAIN

Quand un Parisien du beau monde, esthète et ami des plaisirs, part à la découverte de contrées évidemment sauvages et peu civilisées, forcées à la discipline par une France sûre de son bon droit, il emmène avec lui nombre de préjugés rassurants.

De l'Algérie à la Tunisie, en passant par la Libye, le voyageur oscille entre le rejet et l'admiration gourmande, le regret de Paris et l'amour triste d'un pays qu'on sait ne jamais revoir.

« Un texte volontiers provocateur, à ne pas mettre entre toutes les mains. »

(Édition annotée)

   

 3,20

Par contre, les enfants rencontrés aux coins des portes sont charmants, les petites filles surtout, d’une pâleur de jasmin avec leurs grands yeux noirs. Sous les chamarrures de leurs costumes, ils luttaient, ces petits Juifs, dans mon souvenir, avec les enfants de Tlemcen, et les jeunes filles donc ! les jeunes filles entrevues au fond des cours en train de faire la lessive, en chemise de soie brodée, tout comme les princesses des légendes, ou tassées l’une contre l’autre derrière le renflement grillagé d’une fenêtre, étaient-elles assez délicieuses sous leurs foulards de soie de couleur vive et le lustré de leurs luisants cheveux noirs, leurs cheveux du noir de leurs larges prunelles, leurs foulards du rouge de leurs bouches charnues.

Elles m’étaient apparues dans leurs blouses et leurs caleçons de soies claires comme autant de fleurs vivantes, les unes isolées sur leur tige, les autres groupées en bouquet, fleurs de cire pourtant plutôt que fleurs vivantes, à cause de leur immuable pâleur… Je me rappelle encore un certain coin de rue avec un vieux mur blanc de chaux, couronné de glycines, et un ancien puits à large margelle, surmonté de ferronneries, dont trois petites Juives tiraient de l’eau, groupe adorable et harmonieux allant du vert tendre au lilas clair. L’une d’elles était montée sur le puits pour aider au jeu de la poulie, et sa silhouette enfantine et parée se détachait, dans le soleil, sur le bleu soyeux du ciel ; et cela ressemblait au début d’un conte, d’un conte des Mille et une Nuits. Je ne les ai pas retrouvées.

Paul Alexandre Martin Duval, dit Jean Lorrain

9 août 1855, Fécamp
† 30 juin 1906, Paris

De son vrai nom Paul Alexandre Martin Duval, ce fils de bonne bourgeoisie provinciale va vite sortir du rang.

Ayant jeté ses études de droit aux orties, il se lance à Paris dans la poésie, la littérature à compte d’auteur, et le journalisme pour gagner sa vie.

Mais il va surtout jouer de son goût de l’ostentation et de la provocation pour se composer un personnage outrancier haut en couleurs, bagarreur, scandaleux, et volontiers vulgaire.

Son attrait morbide pour les paradis artificiels, les ambiguïtés de sa sexualité, joints à la qualité indéniable de ses œuvres, composent un ensemble hétéroclite qui exclut d’emblée l’indifférence.

Usé par ses extravagances, il meurt à 50 ans, après plusieurs cures de désintoxication peu concluantes.

Frutti di mare – Marseille

La ville
Les bas quartiers
Nuit de Noël

Oran

En Alger – Tlemcen

Les enfants
Les cafés
Les villes mortes
Le champ des iris

Sidi Bel Abbès

Diligences d’Afrique

Mostaganem

La route
La ville
Femmes d’officiers
Symphonie en bleu, fauve et argent

Les chemins de fer

Alger sous la neige

Blida

Blida Ourida
Le cimetière
La nouba

Les amandiers

Fathma – Printemps d’Alger

Divertissements arabes

Banlieues d’Alger

Mustapha supérieur
Le Ruisseau
Notre-Dame d’Afrique
Les Tournants Rovigo

Un an après – D’Alger à Constantine

Notes de voyage

Constantine

La ville des tanneurs
La rue des Échelles

El Kantara

Timgad

Types de Biskra

Printemps de Tunis

Quatre ans après

À bord de l’Abd-el-Kader

Quartiers de Tunis

La Porte de France
Les souks

Tunis sous la pluie

Halfaouine
Le quartier juif

Comment elles voyagent

Madame Baringhel à Carthage

Tunis mystérieuse

Sousse

Comment elles voyagent

Le 30 janvier, de madame Baringhel

Sfax

À bord du Tell

Tripoli de Barbarie

Comment elles voyagent

Madame Baringhel chez les Teurs

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