Les textes d’autrefois, l’édition d’aujourd’hui.

En Argentine – I

Jules HURET

Description émerveillée de l'Argentine dans les années 1900 par un écrivain journaliste, et statisticien dans l'âme.

Ce premier tome se consacre à la capitale Buenos Aires, aux villes principales et aux immenses espaces à mettre en culture.

Du prix de la vache au kilométrage de clôture en passant par le nombre de sillons de canne à sucre à l'hectare, tout est compté, calculé, mesuré, pesé.

« Aucun chiffrage n'est oublié, et cette étrange approche a pour résultat paradoxal un tableau étonnamment vivant d'un pays en pleine explosion économique. »

(Édition annotée)

   

 4,60

Quand nous visitâmes Clara, la colonie venait d’être envahie par les sauterelles, dont nous avions croisé les vols tout le long de la route. Au passage du train, la terre des champs, qui paraissait mordorée, semblait se soulever des deux côtés de la voie comme sous le souffle d’un formidable ouragan ; les poteaux télégraphiques, les pieux des clôtures, les troncs des arbres, cagneux, bossus, comme d’une mousse fanée et grouillante, reprenaient soudain leur forme : c’étaient des nuées de sauterelles qui digéraient là les moissons perdues et que le bruit de la locomotive faisait s’envoler dans une stridulation colossale des élytres.

Le train traversait des nuages épais de sauterelles qui venaient se cogner aux vitres du wagon et s’abattre sur les rails. Une affreuse odeur nous montait aux narines, celle de la bouillie que les roues du train faisaient de ces bêtes ; la vitesse de la locomotive en était ralentie et les roues patinaient sur cette huile nauséabonde.
Dans un champ, des hommes et des femmes agitaient des drapeaux cloués au bout de longues hampes pour effrayer les légions qui passaient. Ailleurs, au bord d’un fossé fraîchement creusé, s’alignaient des sacs remplis de sauterelles qu’on s’apprêtait à y vider.

Dans le village de Clara, quelques légions s’arrière-garde restaient installées sur les arbres. On craignait que ce ne fût pas fini.

Jules Huret

8 avril 1863, Boulogne-sur-Mer
† 14 février 1915, Paris

Obligé de travailler de bonne heure, sans avoir fait d’études, Jules Huret « monte à Paris » en 1885. Doué d’un talent certain pour l’écriture, il trouve vite sa place dans le journalisme, et dès 1890 devient un collaborateur régulier de l’Écho de Paris.

Entre temps il a trouvé sa voie : il sera le grand spécialiste de l’entretien. Pendant des années il interroge des personnalités de tous bords et milieux, en France et à l’étranger, rencontres qui nourriront toute son œuvre.

Passé en 1892 au Figaro, où il tient plusieurs chroniques, il écrira pour ce journal des reportages fournis tirés de ses nombreux voyages, où son art consommé de la rencontre lui ouvrait toutes les portes.

Ce colosse de l’écriture partit dans la force de l’âge, victime d’une longue maladie de cœur.

Du même auteur :
En Argentine – II

I. – Sur mer.
Le départ. – Vingt-et-un jours de mer. – Les Argentins ont délaissé les navires français. – Responsabilité des Compagnies. – La population du navire. – La vie à bord. – Spectacle de la mer. – L’escale de Rio de Janeiro. – Impression grisante de la nature brésilienne. – Les émigrants. – Que vais-je voir en Argentine ? – conversations à bord. – Ignorance des Européens vis-à-vis des choses de l’Amérique du Sud.

II. – Buenos Aires. Premières impressions.
Avant l’arrivée. – Faut-il flatter les Argentins ? – Oui, diront les parvenus. – Non, dira l’élite éclairée. – L’arrivée à Buenos Aires. – À quoi ressemble la capitale argentine. – Pas de dépaysement. – Impression de richesse et d’activité. – Une légende qu’il faut abandonner. – Où sont les rastaquouères ? – Correction britannique. – Une ville qui aime les arbres. – Uniformité. – Étendue. – Contrastes.

III. – Buenos Aires. Autrefois et aujourd’hui.
Ce qu’était Buenos Aires en 1870. – Point de port. – Voies sans pavage. – Pas d’égout ni de distribution d’eau. – Les vieilles maisons à patios. – Mœurs et coutumes coloniales. – Buenos Aires est aujourd’hui l’une des plus grandes cités cosmopolites du monde. – Activité des affaires et des services publics. – La ville du Devenir. – Une cité qui se transforme à vue d’œil. – Facilités d’acclimatation. – Cosmopolitisme. – Qu’est-ce qu’un Argentin ?

IV. – Buenos Aires. Le quartier des affaires.
La « Cité » de Buenos Aires. – L’avenue de Mai. – Ressemblances avec Paris et Londres. – Élégance des femmes. – La Place de Mai et la Maison Rose. – La « Maison d’Or ». – Physionomie de gens d’affaires. – Fortunes faites en dix ans. – Étroitesse des rues. – Leur encombrement. – Florida et les rues avoisinantes. – Projets de percement d’avenues.

V. – Buenos Aires. Les quartiers populaires.
« El Bajo ». – Conquêtes sur le Rio. – Le paseo de Julio et de Colón. – Le premier refuge de l’émigrant. – Boutiques et ventes aux enchères. – Offres et embauchages. – Le quartier des Grenouilles. – Le « style » boîte à pétrole. – Les « Basuras ». – Les quartiers du sud. – Aux rives du Riachuelo. – Provisoire et inachevé. – Comment se formèrent les faubourgs. – Le pavage des rues.

VI. – Buenos Aires. Le quartier des résidences.
Jolis noms de rues. – Demeures somptueuses. – La Recoleta. – L’avenue Alvear. – Le Semeur et le Faucheur de Rodin. – Palermo. – Corso quotidien. – Promenade fastidieuse. – On vient se montrer. – L’avenue des aveux. – Beauté des femmes argentines. – Les vieux jeunes gens. – Soirs d’été. – Le Jardin Botanique. – Un architecte paysagiste français : M. Thays. – Le Jardin Zoologique. – M. Onellli.

VII. – Buenos Aires. La charité.
Les œuvres philanthropiques. – La Société de Bienfaisance est exclusivement composée de femmes. – Une gestion de 22 millions de francs confiée à un comité de douze femmes. – Monopole discuté. – Le Jour des Pauvres. – L’Hôpital Rivadavia. – Le pavillon José Cobo. – L’Hospice Municipal des Vieillards. – Physionomies d’hospitalisés. – Conversations avec quelques-uns. – Ils aiment l’Argentine, malgré leur destin. – L’Asile National des Enfants-Trouvés. – Les filles-mères et le zagouan. – Les Dames de Saint-Vincent-de-Paul. – Établissements modèles. – Le Patronage de l’enfance. – Pédagogie intelligente. – Les orphelins et la joie.

VIII. – Buenos Aires. Les écoles manuelles.
Les descendants des colons espagnols travailleront-ils de leurs mains ? – Fils du pays et gringo. – L’École industrielle supérieure de Buenos Aires. – Impression réconfortante. – Heureuse initiative privée : la Société d’Éducation industrielle. – Les élèves, au lieu de payer, sont payés. – Classes oisives et classes travailleuses. – Contraste.

IX. Buenos Aires. Quelques institutions.
Traces de l’influence espagnole. – Fiefs et bénéfices dans les administrations. – Types d’employés. – La Caisse d’épargne. – Un joli denier. – Le Mont-de-Piété. – Beaucoup de bijoux et peu d’argent. – La Banque de prêts. – Sollicitude de l’administration pour ses employés. – Sinécures agréables. – Luxe des installations. – Souci général d’hygiène. – Les secours aux malades et aux blessés. – Rapidité du service. – L’inspection du lait. – Eau potable excellente. – Diminution des épidémies. – Misère des quartiers ouvriers. – Les conventillos. – Prix scandaleux des loyers. – Conventillos modernes. Propreté obligatoire. – Exclusion des perroquets, des singes, des chiens – et des enfants.

X. – Buenos Aires. Les criminels et les fous.
Application des théories modernes. – Le Pénitencier National de Buenos Aires. – Institution modèle. – Rééducation de la moralité. – Le travail des détenus. – Visite aux ateliers. – Le « journal » d’un prisonnier. – Un repenti. – La prison des femmes. – Vieilles méthodes, vieux système. – Les fous. – L’œuvre du Dr Cabred. – L’Open Door. – Le principe de la « porte ouverte ». – Plus de fous furieux. – Organisation parfaite. – Pavillons séparés. – Le régime des fous. – Le travail. – 20 % de guérisons.

XI. – La richesse présente.
Quelques chiffres. – Six millions et demi d’habitants pour un pays six fois grand comme la France. – Variété des climats et des cultures. – L’élevage. – Le blé, le lin et le maïs. – Exportation en Europe. – Progrès rapides. – Cent millions d’hectares labourables. – Dix-huit millions d’hectares cultivés. – Les prairies. – Les forêts. – Obstacles à un développement plus rapide. – Sécheresse, sauterelles, manque de bras. – 28.000 kilomètres de voies ferrées.

XII. – L’élevage.
Ce qu’il était autrefois. – Prairies sans clôtures. – Bœufs et moutons en liberté. – La marque de feu. – Les rodeos. – Bœufs et vaches tués pour leurs peaux. – Les aloyaux et les vautours. – Le gaucho. – Psychologie du gaucho. – La viande de bœuf à un sou la livre. – Il y a quarante ans. – Le lait et le beurre inconnus. – Le troupeau argentin. – Comparaisons. – Les concurrents de l’Argentine : États-Unis, Canada, Australie. – L’Argentine peut exporter !

XIII. – L’élevage (suite).
Répartition du troupeau argentin. – Le pasto fuerte. – Prairies naturelles et prairies artificielles. – La luzerne. – Luzernières de 97.000 hectares. – leur durée. – Immensité des propriétés argentines. – Caractère extensif de l’élevage. – Des estancias grandes comme des arrondissements français. – Troupeaux de 100 et 200.000 moutons. – M. Duggan, ses 200.000 vaches et son million de moutons. – Monotonie des étendues solitaires. – Description de la pampa. – Lagunes. – Un cyclone. – Les latifundias.

XIV. – L’élevage (suite).
La petite et la moyenne propriété. – Estancias d’élevage. – Estancias d’élevage et de culture. – Les cabañas. – Les estancias industrialisées. – Transformation de la vie pastorale en Argentine. – Ses causes. – L’adoption des clôtures artificielles. – Importation de pur-sang étrangers. – Le métissage. – Ses avantages. – Le choix des reproducteurs. – Les races Durham, Hereford et Lincoln dominent. – L’Angleterre et l’Argentine. – Le lazaret du port de Buenos Aires. – On abat des taureaux anglais de 75.000 francs. – Obstacles à l’entrée du bétail français.

XV. – Les grandes estancias. Chez M. Manuel Cobo.
Une cabaña modèle. – Voyage à Lézama. – Monotonie du paysage. – M. Manuel Cobo. – La passion de l’éleveur. – Visite détaillée. – 118 prairies. – Le luxe des clôtures. – Imitation de l’Angleterre. – Un million et quart sous un oreiller. – Les toros padres de race Durham. – Tableau. – 5000 taureaux et vaches de pure race Durham. – 20.000 moutons pur-sang Lincoln. – Le service de reproduction. – Les orphelins. – Le Herd-Book de la cabaña. – Le bilan de l’estancia. – 24 millions de francs. – Les galpones, les bañaderos, le corral, les abreuvoirs. – Régime des pur-sang. – Qu’en pense le Dr Robin ?

XVI. – Les grandes estancias. – Chez MM. Pereyra.
L’estancia San Juan. – Un parc de 350 hectares. – Luxe seigneurial. – Amour des arbres. – 900 taureaux et vaches de pedigree. – La fortune des Pereyra. – Défilé des animaux. – La plus belle vache du monde. – Les chevaux. – Enthousiasme du curé, du ministre, de l’avocat, de l’estanciero et de sa femme.

XVII. – Les grandes estancias. – Chez M. Vincente Casarès.
Une fabrique de beurre modèle. – La Martona. – 300 mulsionnaires pour 12.000 vaches. – Machinismes perfectionné. – Hygiène méticuleuse. – L’industrie laitière et l’industrie beurrière en Argentine. – Avenir de l’exportation du beurre. – Les tambos. – La villa de l’estancia.

XVIII. – Vers le Nord.
Départ pour le Nord. – « Vous direz tout ! » – Caravane intéressante. – Les travaux de conquête sur le Rio de la Plata. – La région des céréales. – Nous traversons les plus riches terres de l’Argentine. – Pays morne. – Réveil dans la poussière. – À travers le désert de Santiago del Estero. – Sécheresse. – Changement de décor. – Végétation luxuriante. – Les versants de la sierra d’Aconquija. – Nous sommes dans le Tucumán.

XIX. – Tucumán.
La ville. – Inconfort des hôtels. – La place de l’Indépendance. – Aspect des rues. – Souvenirs historiques. – Beauté des jeunes filles. – Le Corso. – La vie sociale. – Comment se font les mariages. – La Maison du Gouvernement. – Démocratisme. – La province la plus peuplée de l’Argentine. – Son avenir. – Situation financière. – La production du sucre. – Richesse de la terre. – Douceur du climat. – 25 millions d’emprunt. – Orgueil patriotique.

XX. – Tucumán (suite).
L’École d’agriculture. – Abondance des orangers. – 75 espèces de canne à sucre. – Le laboratoire de bactériologie. – Le paludisme. – Écoles ménagères. – La Bibliothèque municipale. – L’influence française à Tucumán. – Comment se décident les carrières. – Ce que deviennent les fils d’étrangers en Argentine. – MM. Nouguès. – Une visite à la sucrerie de San Pablo. – Paysage. – La ville de San Pablo. – Habitations ouvrières. – Types d’Indiens et de métis. – Richesse de Tucumán : le sucre et les fruits. – Jardins enchanteurs. – Le protectionnisme sucrier.

XXI. – Tucumán (suite). – Le sucre.
Historique de la production. – Innovation des Jésuites. – Les premières machines. – Période de crise. – La consommation du sucre en Argentine. – Les coupeurs de canne à sucre. – Persistance du type indien. – Fabrication du sucre. – Machines françaises. – La Compagnie sucrière de Lastenia. – Chez M. Hileret, à Santa Anna. – Perfection de l’installation. – Chimistes français, personnel créole. – Salaires ouvriers. – La vie dans les plantations.

XXII. – Jujuy.
Une capitale de 6000 habitants. – Aspect colonial. – Joli décor de montagnes. – L’étendard du général Belgrano. – Rivalité entre Jujuy et Salta. – Richesse de quelques départements. – Les grandes sucreries. – Trésors cachés de la puna. – Les mines. – Leur avenir. – La passion de la politique. – Esprit avancé des citoyens de Jujuy. – La bibliothèque publique. – Autonomie provinciale. – Services d’hygiène. – À travers la vallée de Humahuaca. – À 3720 mètres d’altitude. – Le mal des montagnes. – Pauvreté de la nature. – Un enfer de pierre. – Les ressources du pays. Un campement d’Indiens Quichuas.

XXIII. – Jujuy (suite).
La puna de Jujuy. – Une école dans un désert. – Un chemin de fer difficile à construire. – Résistance physique des indigènes. – Une panacée : la coca. – La Quiaca. – Chez l’almacenero. – Le rendez-vous des prospecteurs. – Au marché. – La chicha de maïs. – Point d’arbres. – Visite chez une femme indienne. – Douceur et bienveillance. – Nous mettons le pied en Bolivie. – Désolation. – L’église de La Quiaca. – Chez le marchand d’herbes médicinales. – Comment on fête la Saint-Roch sur la puna de Bolivie. – Transports difficiles. – Quarante Indiens pour un piano. – Une caravane de lamas. – Le transport des minerais.

XXIV. – Jujuy (suite). La vallée du San Francisco.
Une vallée heureuse. – Pluies abondantes. – Facilités d’irrigation. – Beauté des pâturages. – La culture de la canne à sucre, principale richesse. – Abondance des bois précieux. – Ledesma. – 3000 Indiens du Chaco vivent ici. – Tableau pittoresque. – Campement d’Indiens Matacos. – Saleté repoussante. – Comment on les paie. – Indiens Chiriguanos. – Différences avec les précédents.

XXV. – Salta.
La forêt vierge. – Aux bords de la Rivière Vermeille. – Admirable fertilité. – Salta. – Ressemblance monotone de toutes les villes argentines. – Traditions espagnoles. – Pittoresque d’autrefois. – Une procession. – Le Jardin zoologique. – Un déjeuner créole. – L’asado. – Danses créoles. – Le Tango.

XXVI. – Salta (suite). – Son avenir.
Nombreuses et fertiles vallées. – Variété de la conformation physique et du climat. – Une région favorisée. – Les terres à canne à sucre. – Eaux abondantes. – État actuel des cultures. – L’élevage. – Essais heureux de culture des légumes et des fruits. – Pourquoi la province resta jusqu’ici stationnaire. – Son isolement. – Ce que les chemins de fer vont lui apporter. – Nouveaux horizons. – Salta, marché du Chili, du Pérou et du Chaco. – Mollesse des Salteños. – Quelques opinions d’un grand propriétaire de Salta.

XXVII. – Salta (suite). – La vallée de Lerma. – Tala Pampa.
Une vallée comparable à celle du San Francisco. – Toutes les cultures y sont possibles. – Comment les domadores dressent les chevaux sauvages. – Une visite à l’estancia La Finca. – De vrais gauchos. – Cavaliers indéracinables. – Les jeux de la guitare et des improvisations. – Quelques danses créoles : la cueca, le gato. – Une séance de lasso. – Gauchos et cow-boys.

XXVIII. – À travers les forêts du Chaco austral.
Saint-Jacques de la Lagune. – Forêts et lagunes. – Le désert salin. – Caractère des forêts du Chaco. – Point de grands arbres. – Diversité des essences. – Richesse en quebracho. – Aridité du paysage. – Un cimetière de bûcherons. – Le Chaco. – Ses richesses. – Son avenir. – À Quimilí. – Une exploitation forestière. – La sécheresse est l’ennemie redoutable. – Onze mois sans pluie. – Absence d’eau douce. – Le percement des puits. – Toujours de l’eau salée. – Un réservoir de 400.000 litres. – Les represas artificielles. – Trains d’eau assaillis. – Les wagons-marchés. – La vie des bûcherons. – La passion du jeu de taba. – La scierie. – 300.000 traverses de chemin de fer par an. – Salaires ouvriers. – Vers Santa Fe.

XXIX. – La Forestal.
Santa Fe, capitale du quebracho. – La Forestal du Chaco. – MM. Portalis frères. – Histoire de la découverte de l’extrait de quebracho. – Richesse en tanin. – Le quebracho bat tous ses concurrents d’Europe et d’Amérique. – Français et Allemands s’associent. – Le domaine de la Forestal. – 800.000 hectares de forêts à exploiter. – Quatre fabriques d’extrait tanique. – L’usine de Calchaquí. – 65.000 tonnes de tanin par an. – On abat un vieux quebracho âgé de mille ans. – Traverses pour chemins de fer. – Comment se fait l’extrait tanique. – Théières gigantesques. – Supériorité du quebracho sur ses concurrents.

XXX. – Corrientes.
Saint-Jean-des-Sept-Courants. – À 300 lieues de Buenos Aires. – La ville de Corrientes. – Rues pittoresques. – Les femmes en manto. – Contrastes. – Rues sans pavés. – Édifices somptueux. – À l’église. – Les œillades. – Procession publique. – Le Corso. – Ce qui remplace le tambour de ville. – La politique à Corrientes. – Révolutionnaires paraguayens. – Le microbe de l’apathie. – Description de la province. – Les lagunes. – Les carpinchos. – Forêts de palmiers yataï. – Troupeaux d’autruches. – Première vision de la sauterelle. – L’avenir de Corrientes. – Un projet de chemin de fer. – La lagune Iberá.

XXXI. – Sur le Haut Paraná.
Vers l’Iguazú. – Les cabines de l’Ibera. – Vues du Paraná. – Les rives. – Les crocodiles. – Les bambous. – Un fleuve de 12 kilomètres de large. – Crépuscules magnifiques. – Les passagers de l’Ibera. – Capatazes et chinas. – Cabotage paranéen. – Moustiques et quejones. – Colonies russes. – Évocation de Tolstoï sous le tropique. – Un puma qui n’attend pas.

XXXII. – Misiones.
Posadas. – Peones, retour de la forêt vierge. – Les chinas. – Cigares et parfumeries. – Compatriotes sympathiques. – Les frères de Blosset. – M. Clément. – La colonie française de Misiones. – M. Barthe. – Sa fortune et son histoire. – De quoi est faite la richesse de Misiones. – La terre, les bois, les yerbales. – Comment s’exploitent les forêts. – Existence dramatique.

XXXIII. – Misiones (suite).
Le défrichement. – Terre sans sel. – Mépris des Guaranis pour les jugements. – Les étrangers se plaignent de l’administration du Territoire de Misiones. – Le gringo taillable et corvéable. – Enquête à faire. – On compte sur le nouveau président de la République. – Reprise du voyage. – Un homme à l’eau. – En route ! – Changement de paysage. – On approche de l’Iguazú. – Gracieux emploi des lucioles au Brésil.

XXXIV. – Les chutes de l’Iguazú.
Puerto Aguirre, frontière de l’Argentine, du Paraguay et du Brésil. – En route pour les chutes. – Une picada de 15 kilomètres. – La forêt vierge. – Arrivée devant les cataractes. – Spectacle sans pareil. – Le soir tombe. – Une mauvaise nuit. – Les chutes au soleil. – Quatre kilomètres de développement. – Le Niagara et l’Iguazú. – Comparaisons. – L’idée d’un parc national. – Un propriétaire avisé. – M. Domingo Ayarragaray. – 75.000 hectares de forêts. – Richesse infinie en bois nobles. – 28 millions d’arbres abattables. – Un million de chevaux-vapeurs. – Comment on pourrait utiliser les chutes : fabriques de cellulose, de carbure de calcium, de nitrates, etc. – Fécondité de la terre.

XXXV. – Les ruines des missions jésuites. – La yerba maté.
San Ignacio. – Hôtel primitif. – Les ruines des missions. – Lieux enchanteurs. – Ce qui reste de l’œuvre des Jésuites. – Orangers et figuiers sauvages. – Chez M. Allais. – La yerba maté. – Comment on la boit. – Exploitation anarchique de la yerba sauvage. – Plantations artificielles de yerba. – M. Thays découvre un procédé de germination rapide de la graine. – 600 hectares de yerbales artificiels. – Avantages de cette culture.

XXXVI. – Dans l’Entre Rios. – Les colonies israélites.
Clara. – L’œuvre du baron Hirsch. – Visite à la colonie. – Organisation. – Comment sont recrutés les colons. – Les Juifs persécutés en Russie se réfugient ici. – Ils s’y acclimatent. – Un apprentissage nécessaire. – Les avances aux colons. – Leurs contrats. – 150 hectares de terre par famille. – Le principe de l’œuvre : permettre de vivre au plus grand nombre possible de pauvres gens. – Installations modernes. – Crémeries. – Fabriques de beurre. – Hôpital. – Écoles. – Coopératives d’achat et de vente. – Colonies savoyardes. – Les vaches maigres et les vaches grasses. – À quoi sert la Bible.

XXXVII. – Dans l’Entre Rios. – Les sauterelles.
Vision de désastre. – Le train ralenti par la présence des sauterelles. – Rien ne leur résiste. – Le paraiso. – Réputation usurpée. – Les sauterelles et la neurasthénie. – Des légions de 40 kilomètres de long sur plusieurs kilomètres de large. – Dévastation. – La voladora et la saltona. – La ponte. – Moyens de défense. – La tôle. – Les primes. – Le Comité de Défense agricole. – Marconi et Edison. – Quand le Chaco sera colonisé.

XXXVIII. Liebig.
Débarquement au milieu de la nuit. – L’usine de Fray-Bentos. – La marche vers la mort. – Le desnucator. – Les écorcheurs. – Habileté extraordinaire. – Propreté méticuleuse. – De l’eau partout. – La plus grande cuisine du monde. – Pot-au-feu gigantesque. – Le choix des morceaux. – Diverses sortes de bouillon. – 42 kilos de bœuf pour un kilo d’extrait de viande. – La fabrication des conserves. – Cuisson de la viande. – Machinisme ingénieux. – Les sous-produits de l’industrie pastorale. – Ce que deviennent les peaux, les cornes, les sabots, les tripes et les boyaux, les crins et les os. – L’établissement de Colón. – Une journée de navigation vers l’Uruguay. – Installations modernes. – Promenade à travers les estancias de la Compagnie. – Un massacre quotidien de 3000 bœufs. – Classement du bétail. – Le rodéo. – Les employés et les ouvriers de la compagnie. – Traitements et salaires.

XXXIX. – La richesse agricole.
Une richesse nouvelle. – Son importance. – En vingt ans l’exportation des céréales argentines a plus que décuplé. – Quelques chiffres. – Record mondial de l’exportation du blé, du maïs et du lin. – Progression magnifique. – Pourquoi ces progrès datent-ils d’hier ? – Raisons historiques, politiques, sociales et économiques. – Funestes effets de la domination espagnole. – L’établissement des chemins de fer et l’accroissement de l’émigration, points de départ de la vie agricole. Éleveurs et agriculteurs.

XXXX – La richesse agricole (suite). – Le labour et la moisson.
La région des céréales. – Son étendue, ses limites. – Les zones particulièrement favorisées. – Concurrence du Nord et du Sud. – Les caractères de l’agriculture en Argentine. – Culture extensive. – Nécessité d’un outillage perfectionné. – Machinisme moderne. – Les labours. – Charrues automotrices. – Un seul homme laboure 300 hectares en vingt-cinq jours. – Le commerce des machines agricoles. – La moisson. – Les espigadoras et les australianas. – Le voyageur pense aux campagnes de son pays. – Une poésie qui a vécu. – Contrastes.

XXXXI. – La richesse agricole (suite). – Les conditions de la culture, le rendement des terres.
Comment se recrute le personnel agricole. – Manque d’expérience. – Terres mal cultivées. – Négligence. – Colons associés, locataires ou libres. – Les contrats. – Qualités des colons, de l’Italien surtout. – ouvriers agricoles. – Leurs salaires. – Les plaies de l’agriculture. – Sauterelles, sécheresse, gelées tardives. – Le rendement des terres. – Disproportion entre la richesse du sol et son produit. – Quelques chiffres – Bénéfice net de l’agriculteur. – Comparaisons avec le Canada. – Transformations et progrès continuels. – Exemples de l’évolution agricole. – L’union de l’élevage et de l’agriculture. – Son influence sur la richesse du pays.

XXXXII. – La richesse agricole (suite). – Le commerce des céréales.
Conversation avec un des gros exportateurs de céréales argentines, M. Born. – Les grandes maisons d’exportation. – Intermédiaires : les acopiadores et les almaceneros. – Prêts usuraires. – Mécanisme des achats et des ventes de grains. – Les gros clients de l’Argentine. – L’Angleterre est le plus important. – Protectionnisme des autres pays européens. – Ne faut-il pas craindre une crise de surproduction ? – Impossibilité d’un trust. – Nécessité de vendre les grains sitôt récoltés. – Manque de magasins de réserve. – Les élévateurs. – Quels services ils rendraient. – Difficulté de les établir. – Comparaison avec les États-Unis. – Le chiffre de la production argentine ne légitime pas de tels établissements. – Autres obstacles : caractère nomade de l’agriculture argentine. – Point de blés classés. – Le transport et l’embarquement des grains. – Les élévateurs du port de Buenos Aires. – Moulins à blé. – 300.000 tonnes d’humus exportées annuellement en Europe. – Quel dommage !<<<

XXXXIII. – Les fortunes et la terre.
Les fous et les sages. – L’origine des fortunes en Argentine. – Valorisations successives de la terre. – Exemples incroyables. – Pour la campagne du Rio Negro. – 2000 francs la lieue de pampa. – Le patriotisme profitable. – À Buenos Aires, 12.000 francs le mètre. – Tout le monde spécule. – Différents modes de spéculation. – La decimal. – Dix amis qui ont leur avenir assuré. – Ouvriers propriétaires. – Les colonies. – Lotissement des terres. – Spectacle d’un remate ou vente aux enchères. – Un rematador spirituel. – M. Guerrico. – Danger de la survalorisation. – Appel à la prudence. – L’Australien enthousiaste. – Optimisme.

Choisissez l’édition selon votre type de liseuse :

Kindle est une liseuse de livres numériques, qui se lisent comme des livres en papier. Elle se base sur de vraies particules d’encre et des typographies créées sur mesure, manuellement, afin de permettre un rendu d’affichage des mots et des lettres aussi précis que sur un livre en papier.

Kobo est une liseuse pour bibliophiles. Elle propose une expérience de lecture avec une excellente résolution. Ses paramètres automatiques reproduisent la progression naturelle du soleil, en émettant la meilleure luminosité selon le moment de la journée, incluant les nuances de lumière.

Il n’y pas encore d’avis.

Soyez le premier à laisser votre avis sur “En Argentine – I”

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

mon autre librairie . les textes d’autrefois, l’édition d’aujourd’hui
Mon Autre Librairie sur Facebook