Les textes d’autrefois, l’édition d’aujourd’hui.

Souvenirs d’un vieux précepteur

Étienne ALLAIRE

En 1850 la famille d’Orléans est en exil au Royaume-Uni. La vie est tranquille, retirée et assez triste à Claremont House. Le décès tragique du prince Ferdinand, huit ans plus tôt, pèse encore lourd sur les cœurs. Le vieux roi Louis-Philippe vient de s’éteindre. À la fin de l’année, l’auteur arrive sur recommandation à Claremont, pour y prendre ses fonctions de professeur auprès des deux jeunes princes. Il restera huit ans.
Regard sur un épisode peu traité de l’histoire de France.
(Édition annotée)
***
ISBN livre : 978-2-491445-67-6
ISBN ebook : 978-2-491445-68-3

   

La traversée de Douvres à Ostende fut mauvaise. Le roi des Belge vint recevoir sa belle-sœur et la conduisit avec ses deux fils à Laeken ; mais elle n’y demeura pas longtemps. Cependant, je fus témoin de deux choses que je ne puis oublier : 1° Dans le parc de Laeken on avait construit une petite fortification pour l’instruction du duc de Brabant et du comte de Flandre. On en fit le siège, pour s’amuser, avec MM. de Mœurkerke et van den Brull ; je coupais des mottes de terre pour servir de projectiles. Dans le combat, la princesse Charlotte, qui n’avait guère que douze ans, se montrait la plus ardente. Le duc de Chartres, qui ne l’était pas beaucoup moins, lui jeta une motte de terre sur son chapeau : elle n’en tint pas compte. Je la vis les cheveux au vent, l’œil en feu, monter à l’assaut du rempart. Frères et cousins riaient de bon cœur, et je me demandais, non sans inquiétude, ce qui pourrait arriver un jour à cette jeune et généreuse Princesse. 2° Le soir, après dîner, j’ai entendu le roi Léopold Ier parler avec beaucoup de sang-froid de l’établissement de la hiérarchie catholique en Angleterre et de l’humeur belliqueuse du cardinal Wisemann. Il ajouta : « Nous avons ici à Bruxelles un Nonce qui s’appelle Mgr Pecci : il pourrait être un jour un bon pape. » C’est aujourd’hui Léon XIII.
Quoiqu’on nous reprochât de mener une vie de tourbillon, nous voyagions à petites journées pour ne pas fatiguer S. A. R., mais nous avions hâte d’arriver à Eisenach, en Thuringe, où nos deux jeunes Princes, comme leur mère, reçurent de la population le meilleur et le plus touchant accueil. Après quelques jours de repos, S. A. R. alla rendre à sa famille de Weimar la visite obligée mais très agréable à son cœur reconnaissant.

 

 

Étienne Allaire

11 octobre 1822, Livarot
† 27 août 1896, Contrexéville.

Professeur titulaire de seconde au collège Stanislas, à Paris ; historien ; professeur auprès des princes de la maison de France.

La sœur de sa seconde épouse, Marguerite Botot de Saint-Sauveur, avait épousé le docteur François-Joseph Moreau, médecin-accoucheur de la reine Marie-Amélie de Bourbon-Siciles ainsi que de la duchesse d’Orléans, et médecin des enfants de France. Cette circonstance lui ouvrit la porte de la maison d’Orléans, qu’il servit pendant huit ans en tant qu’un des professeurs des fils orphelins de Ferdinand-Philippe d’Orléans, Philippe comte de Paris et Robert duc de Chartres. À la majorité des princes il dut quitter ses fonctions, mais devait garder sa vie durant un profond attachement à la maison d’Orléans.

Peut-être une boucle de l’histoire ? Un siècle auparavant, un abbé Mathurin-Antoine Allaire avait été précepteur de Philippe duc d’Orléans, futur régent.

Quant à François Allaire, natif de Saint-Brieuc, abbé de Huiron (1754) et de Bon-Repos (1761), il fut précepteur du duc de Chartres et du prince de Condé. (Cf La France ecclésiastique, 1768.)

Préface
Chapitre I – 1850-1851
Chapitre II – 1851-1852
Chapitre III – 1852
Chapitre IV – 1852-1853
Chapitre V – 1853-1854
Chapitre VI – 1854-1855
Chapitre VII – 1855-1856
Chapitre VIII – 1856-1857
Chapitre IX – 1857-1858
Chapitre X – 1858
Chapitre XI – 1860-1894

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