Les textes d’autrefois, l’édition d’aujourd’hui.

Projet d’une dîme royale

Sébastien LE PRESTRE de VAUBAN

Cette étude du projet d'une Dîme royale, fruit d'années d'observations sur le terrain, est un ouvrage technique mais accessible à tous.

L'auteur y présente au roi le projet d'un impôt simplifié, mais plus rentable, et surtout plus juste.

Assez logiquement l'ouvrage déplut, mais malgré l'interdiction du roi, Vauban s'obstina et put le faire imprimer, et en distribuer gracieusement de nombreux exemplaires.

Cet interdit assombrit cependant considérablement les derniers mois de sa vie.

« Dès après son décès, tous les exemplaires de la Dîme qui purent être retrouvés en France furent confisqués et détruits. »

   

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La vie errante que je mène depuis quarante ans et plus, m’ayant donné occasion de voir et visiter plusieurs fois, et de plusieurs façons, la plus grande partie des provinces de ce royaume, tantôt seul avec mes domestiques, et tantôt en compagnie de quelques ingénieurs, j’ai souvent eu l’occasion de donner carrière à mes réflexions, et de remarquer le bon et le mauvais des pays ; d’en examiner l’état et la situation, et celui des peuples, dont la pauvreté ayant souvent excité ma compassion, m’a donné lieu d’en rechercher la cause. Ce qu’ayant fait avec beaucoup de soin, j’ai trouvé qu’elle répondait parfaitement à ce qu’en avait écrit l’auteur du Détail de la France, qui a développé et mis au jour fort naturellement les abus et mal-façons qui se pratiquent dans l’imposition et la levée des Tailles, des Aides et des Douanes provinciales. Il serait à souhaiter qu’il en eût autant fait des Affaires extraordinaires, de la Capitation, et du prodigieux nombre d’Exempts qu’il y a présentement dans le royaume, qui ne lui ont guère moins causé de mal que les trois autres, qu’il nous a si bien dépeints. Il est certain que ce mal est poussé à l’excès, et que si l’on n’y remédie, le menu peuple tombera dans une extrémité dont il ne se relèvera jamais ; les grands chemins de la campagne, et les rues des villes et des bourgs étant pleins de mendiants, que la faim et la nudité chassent de chez eux.

Par toutes les recherches que j’ai pu faire, depuis plusieurs années que je m’y applique, j’ai fort bien remarqué que dans ces derniers temps, près de la dixième partie du peuple est réduite à la mendicité, et mendie effectivement ; que des neuf autres parties, il y en a cinq qui ne sont pas en état de faire l’aumône à celle-là, parce qu’eux-mêmes sont réduits, à très peu de choses près, à cette malheureuse condition ; que des quatre autres parties qui restent, les trois sont fort malaisées, et embarrassées de dettes et de procès ; et que dans la dixième, où je mets tous les gens d’épée, de robe, ecclésiastiques et laïques, toute la noblesse haute, la noblesse distinguée, et les gens en charge militaire et civile, les bons marchands, les bourgeois rentés et les plus accommodés, on ne peut pas compter sur cent mille familles ; et je ne croirais pas mentir quand je dirai qu’il n’y en a pas dix mille, petites ou grandes, qu’on puisse dire être fort à leur aise ; et qui en ôterait les gens d’affaires, leurs alliés et adhérents couverts et découverts, et ceux que le roi soutient par ses bienfaits, quelques marchands, etc., je m’assure que le reste serait en petit nombre.

Sébastien Le Prestre de Vauban

1er Mai 1633, Saint-Léger-de-Foucheret (auj. Saint-Léger-Vauban)
† 30 mars 1707, Paris

Né de petite et récente noblesse, il découvre la politique et la guerre en rejoignant les troupes de Condé lors de la Fronde.

En 1653, capturé par l’armée royale, il change de camp et commence au service du roi une longue carrière sur les champs de bataille, où il sera remarqué et plusieurs fois récompensé pour sa bravoure.

Mais ces longues années de guerre vont aussi aider à faire naître en lui, outre une grande compassion pour les souffrances des soldats et des populations, son talent de stratège et son génie d’ingénieur.

Promu à 22 ans ingénieur militaire, il devient en 1678 commissaire des fortifications, puis maréchal de France en 1703.

Relevé de ses fonctions, à sa demande, en 1706, pour raisons de santé, il s’éteint quelques mois plus tard, à Paris, probablement de pneumonie.

Eugène Daire (1798-1847), formé au notariat puis aux finances publiques, auteur de plusieurs ouvrages d’économie politique, a enrichi cette étude d’abondants commentaires, fournissant ainsi à l’ouvrage de Vauban le lien indispensable vers l’époque moderne.

Avant-propos
Notice historique sur la vie et les travaux du maréchal de Vauban
Note relative aux travaux inédits du maréchal de Vauban
Préface
Qui explique le dessein de l’auteur et donne l’abrégé de l’ouvrage
Maximes fondamentales de ce système
Projet
Premier fonds
Second fonds
Troisième fonds
Quatrième fonds
Seconde partie de ces mémoires
Qui contient diverses preuves de la bonté du système de la Dîme royale, et la manière de le mettre en pratique.
Chapitre I.
Chapitre II.
Chapitre III.
Chapitre IV.
Chapitre V.
Chapitre VI.
Chapitre VII.
Chapitre VIII.
Chapitre IX.
Chapitre X.
Chapitre XI.

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