Les textes d’autrefois, l’édition d’aujourd’hui.

La sorcellerie au Maroc

Emile MAUCHAMP

Compilation des notes et croquis rassemblés par le Dr Mauchamp comme matériel de son étude sur les pratiques de sorcellerie dans la société marocaine traditionnelle.

Ces papiers, sauvés du pillage de sa maison, seront transmis à la Légation de France à Tanger, qui les enverra à la famille.

« Mis en forme par M. Mauchamp père, présentés par Jules Bois, ils sont devenus un ouvrage de référence. »

   

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Saints et pèlerinages. Les parents dont les enfants meurent du « Toucher du Diable » (Assleï) doivent aller en pèlerinage aux tombeaux des deux frères saints juifs, Rebbi Raphaël Cohen et Rebbi Moïse Cohen, inhumés aux environs de Marrakech.

Les causes de l’Assleï sont diverses : 1° Le mari a entraîné sa femme n’importe où, dans un coin, par terre, ailleurs que sur le lit conjugal ; le malin a pu les toucher au moment de la conception ; 2° une colère des parents : le diable devient puissant lorsque la raison perd ses droits ; 3° l’un ou l’autre des époux a jeté de l’eau chaude sans prévenir les génies. – Avant de verser de l’eau bouillante, il faut prendre la précaution d’en prévenir à voix basse les esprits invisibles qui peuvent rôder aux alentours, afin qu’on ne risque pas de les échauder. Il faut dire : « Faites place, au nom de Dieu ! »

Près de la tombe de Rebbi Moïse, il y a un bassin où vivent de grandes tortues ; les pèlerins immolent un mouton ou un coq blanc et le jettent dans l’eau, puis ils se mettent de la pâte de farine sur un orteil et plongent le pied dans le bassin ; si les tortues s’approchent pour manger la pâte, les « touchés » sont délivrés. – Les Arabes gardent ces tombeaux, respectent ces marabouts juifs bien plus que ne le font les Juifs eux-mêmes.

Dans le voisinage de Moulei Irri, sont les sept frères saints ; Aït Banim Aaron Rebbi Daoud Dreï, aux environs de Demnat, sauve les fous furieux, surtout ceux qui ont été enchaînés un certain nombre d’années : on dépose l’aliéné sur la pierre tombale et la raison lui revient.

Il y a d’ailleurs toute une collection de saints au cimetière abandonné de Demnat ; dans cette nécropole isolée sur la montagne, les jeunes filles, les jeunes gens et toute personne dont les vêtements ne sont pas propres, ne sauraient entrer sans mourir dans l’année.

Un des plus importants de cette collection, Nebi Aaron Cohen, s’est fait une spécialité d’outre-tombe : la guérison des piqûres et morsures venimeuses ; on introduit la partie blessée dans le trou aux cierges qui est au-dessus du tombeau et on frotte la blessure avec de la terre prise autour du sépulcre. Dans cette nécropole reposent aussi Mohalin el Gomra, saints juifs, devant lesquels viennent brûler des cierges les Arabes qui partent en guerre.

Emile Mauchamp

3 mars 1870, Chalon-sur-Saône
† 19 mars 1907, Marrakech

Après des études de médecine à Paris, il est nommé médecin-aide major de réserve en 1899 et entre dans les « médecins militaires maritimes », une activité qui l’amènera à travailler dans de nombreux pays étrangers.

En 1905 il est désigné par le ministère des Affaires Étrangères pour prendre la tête du dispensaire de Marrakech. Dans un contexte politique extrêmement tendu son inlassable et bienfaisante activité au service des Marocains est contrecarrée par les manœuvres calomnieuses des Allemands, inquiets de l’influence croissante de la France dans le pays.

Le 19 mars 1907, au retour d’une entrevue avec le pacha, à quelques pas de chez lui, il est assailli par une foule furieuse et assassiné. La France lui fera des funérailles nationales.

Lettre de M. P. Mauchamp à M. Jules Bois

Discours prononcé le 20 août sur la tombe d’Émile Mauchamp, à Chalon-sur-Saône, en présence de M. Stephen Pichon, Ministre de l’Instruction publique

Émile Mauchamp et la sorcellerie au Maroc

Introduction

Les raisons humanitaires de l’intervention européenne au Maroc – Psychologie du Marocain : l’Arabe, le Juif – Mentalité générale – Religiosité – Superstition – Diablerie.

Au lecteur

PREMIÈRE PARTIE – La vie quotidienne

I – Coutumes se rapportant aux différentes circonstances de la vie sociale et de l’existence des individus

II – Soins du corps

III – Mentalité. – Croyances, préjugés, superstitions, phénomènes météorologiques

IV – Mendicité et misère, vices et prostitution

V – Lois, religion, sectes, saints

DEUXIÈME PARTIE – Diables et sorcellerie

I – Les diables

II – Le sorcier

III – Sorcellerie défensive – Philtres et envoutements pour l’amitié, l’amour, l’attachement, la domination

IV – Sorcellerie agressive – Procédés d’envoûtement, d’écritures, d’occultisme

Notes de l’auteur et du commentateur

 

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