Les textes d’autrefois, l’édition d’aujourd’hui.

La force magique

Emile NOURRY

Étude étendue et très documentée de cette force étrange que les sociétés traditionnelles appellent de différents noms, mais utilisent toutes de façon similaire.

« L’auteur termine en faisant une audacieuse passerelle vers la science contemporaine, en particulier la physique, pour démontrer à quel point les chemins sont ouverts vers une unification des pratiques et des connaissances. »

   

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L’orenda d’un homme est son pouvoir d’agir, presque sa personnalité, mais est néanmoins quelque chose d’impersonnel. Un homme qui chasse bien a beaucoup d’orenda, lorsqu’un homme est en colère il est empli d’orenda. L’orenda d’un homme c’est son pouvoir, pouvoir de sentir, pouvoir d’agir, pouvoir de connaître ; c’est par lui que homme-médecine pénètre les secrets de l’avenir.

Nous avons vu par les textes précités que l’orenda ne se limite pas à l’homme. Un oiseau défiant et difficile à attraper a beaucoup d’orenda. L’orenda du chasseur entre en lutte avec l’orenda du gibier. Lorsque revient le printemps et les jours chauds, l’Iroquois sait qu’il le doit à la chaleur du soleil, mais il sait de plus que si le soleil brille c’est grâce au chant de la cigale dont le grésillement perpétuel est une projection d’orenda vers le ciel.

L’orenda est, par excellence, la matière des œuvres magiques. Tout ce qu’emploie la magie possède de l’orenda et agit par lui. C’est lui qui fait la force des charmes, amulettes, fétiches, talismans, porte-bonheur, et celle des remèdes. Il est non moins puissant dans le maléfice, c’est la puissance magique par excellence.

Sous le nom de Manitou on trouve la même idée chez les Algonquins, en particulier chez les Ojibwas. « Le mot manitou veut dire être animé, et il est bien certain qu’à quelque degré tout être ayant une âme est un manitou. Mais il désigne plus particulièrement tout être qui n’a pas encore un nom commun, qui n’est pas familier : d’une salamandre une femme disait qu’elle avait peur, c’était un manitou ; on se moque d’elle en lui disant le nom.

Les perles des trafiquants sont les écailles d’un manitou, et le drap, cette chose merveilleuse, est la peau d’un manitou Un manitou est un individu qui fait des choses extraordinaires ; le shaman est un manitou, les plantes ont du manitou, et un sorcier montrant une dent de serpent à sonnette disait qu’elle était manitou ; lorsqu’on trouva qu’elle ne tuait pas, il dit « qu’elle n’avait plus de manitou ».

Emile Nourry

6 décembre 1870, Autun
† 27 avril 1935, Paris

Fils d’un libraire de sa ville natale, il devint d’abord libraire et éditeur à Dijon, puis à Paris.

Passionné de livres et de lecture, avide de connaissances, Émile Nourry dévore tout ce qui passe à sa portée, avant de s’orienter plus spécialement vers les sciences de l’homme.

D’une exceptionnelle puissance de travail, il publiera sous le pseudonyme de Pierre Saintyves une œuvre foisonnante.

Maître de conférences à l’École d’anthropologie, fondateur et président de la Société de folklore français et colonial, membre à vie de la Société des Africanistes, directeur de la Revue anthropologique, son inlassable activité finit par avoir raison de sa santé fragile.

Sa magnifique bibliothèque, qu’il avait constituée tout au long de sa vie, fut jugée digne d’être léguée à l’Institut.

Préface

Chapitre I – Définition de la magie

1. La connaissance magique ; comment elle se distingue de la science.
2. L’art magique et les techniques séculières.
3. Le culte magique, essentiellement différent de la religion.

Chapitre II – La Force Magique

1. La force magique indifférente : Mana des Mélanésiens – Hasina des Malgaches – Wakan des Sioux – Wakanda des Omahas – Orenda des Hurons – Manitou des Algonquins – Pokunt, Yek, Sgana et Naual de quelques autres peuples.
2. Les qualifications de la force magique : les forces bienfaisantes et les forces malfaisantes ; le mamit des Assyriens – Le kramat et le daulat des Malais – La force des Churingas et l’arung-quiltha des Australiens – L’aïn et la baraka des Arabes – La veine et la déveine.
3. La systémisation de la force magique : le tinh et le khi des Annamites – Le papman et le brahman de l’Inde ancienne.

Chapitre III – La production et le culte de la force magique

1. De la force magique des éléments.
2. Des fétiches et des totems comme producteurs de la force magique.
3. Des instruments ou des objets rituels propres à condenser ou à engendrer la force magique : l’emblème totémique, la grenouille ou le rhombe.
4. L’homme comme producteur de la force magique.

Chapitre IV– La genèse de la notion de force magique

1. Des formes a priori de l’imagination : la force et l’âme, l’énergie et l’atome.
2. Des formes concrètes de la force magique : le feu chez les Loucheux du Canada et les philosophes de la Grèce d’Asie. Le feu artiste des Stoïciens.
3. (Suite) Le souffle dans la magie annamite. Dans l’Inde primitive le souffle se confond avec Brahman.
4. Les formes intelligentes de la force magique : la voix et le tonnerre – L’orenda des Hurons – La voix efficace (mâ krôou) des Égyptiens.
5. Conclusion.

Chapitre V– L’hypothèse de la force magique et son équivalent occultiste

1. Du XVe au XVIIIe siècle : le système de Paracelse, 1493-1541, le Magnale. Théorie et application. – Le Spiritus catholicus de Robert Fludd, 1574-1637. Bipolarité de l’univers. – Le magnétisme théorique du P. Kircher, 1602-1680. – Le magnétisme pratique de Wirdig, 1613-1687. – Le magnétisme animal de Mesmer, 1734-1815.
2. Les maîtres du XIXe siècle : le prince des magnétiseurs, baron du Potet. La lumière astrale d’Éliphas Lévi, 1810-1875, et de Stanislas de Guaita, 1861-1897.
3. La force magique des occultistes comparée à la force magique des primitifs : a) agent et principe des prodiges ; b) enseignement secret de ses mystérieux pouvoirs ; c) force impersonnelle intelligente ; d) nécessité d’un noviciat et d’un entraînement pour maîtriser cette force.

Chapitre VI – L’hypothèse dynamique dans la science moderne

1. Esquisse d’une classification des sciences de la nature.
2. Le point de vue dynamique en physique générale.
3. La physique chimique et l’affinité.
4. La force vitale et la biologie physique.
5. La force psychique et la psychologie physique.
6. La dynamique et la magie.

Conclusion. – L’évolution de la notion de force magique et de la valeur symbolique de l’idée scientifique de force

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  1. Note 4 sur 5

    Agathe molinier

    Beaucoup de renseignements sur des peuples lointains qui m’ont servi de support pour mon étude

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