Les textes d’autrefois, l’édition d’aujourd’hui.

Paysages et Pays d’Anjou

René BAZIN

Angers, la Loire, les confins de la Vendée, paysages, rencontres, souvenirs d’enfance…

Les châteaux bien sûr, mais aussi l’Université Catholique d’Angers, où l’auteur obtint son doctorat en droit, le souvenir de La Fontaine en pays de Loire, et puis la pêche à la carpe, les forêts en automne, un souffle d’Italie, et une belle rencontre avec les frères Pavie, Victor et Théodore, l’écrivain et le voyageur.

« Une délicieuse promenade, champêtre et érudite, dans le style ciselé de ce grand auteur de la langue française. »

   

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Je suis allé dans la forêt voir l’automne commençant. C’était dans ces jours d’octobre, proches de la Saint-Michel, où l’air, déjà mouillé, reste léger, bondissant, lumineux, et ne traîne pas encore le relent des feuilles mortes.

« La plus belle forêt de l’Anjou ? m’avait dit un grand chasseur, vous ne me demandez pas la plus étendue, la plus giboyeuse, mais la plus belle ? Il n’y a point de doute : c’est la forêt de Chandelais, près de Baugé. » J’allais donc, de bon matin, à travers la glorieuse Vallée d’abord, puis à travers le Baugeois, pays ondulé, pays d’horizon, où la terre cultivée se défend encore contre la fougère, la bruyère et l’ajonc, et, noire ou grise, sans cesse coupée de boqueteaux, fait songer aux landes, aux masses forestières, à l’ombre habituelle qu’elle a portée jadis.

Il n’était pas bien tard quand j’arrivai à la lisière, le long d’une route, après Baugé. Hauts arbres, chênes dominant, troncs clairs dans la lumière, je fus tout de suite ravi par cette ligne en bataille. Être de lisière, pour les branches, c’est avoir la permission de s’étendre d’un côté, et de retomber, et d’ouvrir toute la feuille que peut donner la sève. Vous devinez ce qu’octobre et le soleil du matin faisaient de ces larges draperies, que je voyais descendre jusqu’à l’herbe du talus, et, se succédant l’une à l’autre, diminuer de mesure sans diminuer d’éclat. Je trouvai là deux compagnons de route : le châtelain d’une terre voisine, érudit, observateur, et de plus bienveillant, ce qui double la vue, et un garde forestier, mince et haut, qui connaît, je pense, un par un, tous les chênes, les hêtres, les quelques platanes et les rares arbres verts que nourrit Chandelais. Le plaisir est grand de visiter la terre avec ceux qui l’aiment.

Nous entrâmes sous les voûtes.

René Bazin

26 décembre 1853, Angers
† 20 juillet 1932, Paris

Juriste de formation, professeur de droit criminel à la Faculté Libre d’Angers, mais avant tout homme de lettres, René Bazin a commencé à écrire, de son propre aveu, dès qu’il en a eu la capacité.

En plus de collaborer à plusieurs journaux (le Figaro, le Journal des Débats, la Revue des Deux Mondes, etc.) il est l’auteur d’une œuvre foisonnante : récits de voyages, biographies, nouvelles, poèmes, et surtout de nombreux romans, dont la plupart remportent un fort succès et dont plusieurs sont primés.

En 1903, Les Oberlé lui ouvre les portes de l’Académie Française.

Il meurt à l’apogée d’une magnifique gloire littéraire, que les bouleversements de l’histoire et la course trop rapide du temps ont un peu éloignée. René Bazin est le grand-oncle de l’écrivain Hervé Bazin.

Anjou
La Loire des châteaux
Les quatre saisons de chez nous
Le printemps sur l’eau
L’été dans la vallée
L’automne dans la forêt
L’hiver dans la Vendée
Quand j’étais écolier
Victor Pavie
Théodore Pavie
Souvenirs de l’Université Catholique d’Angers
Autorité
La faible monnaie
La troisième Sicile
Chasse en 1926
Changement
L’oncle d’Italie

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