Les textes d’autrefois, l’édition d’aujourd’hui.

Notes d’un amateur de couleurs

René BAZIN

Portraits d’œuvres et d’artistes, que l’auteur a pour une grande part connus personnellement et dont il nous restitue la présence, inspirée et laborieuse. Certes plusieurs de ces œuvres sont bien oubliées ; certaines de celles qu’il choisit d’analyser avec une amoureuse attention ne sont plus guère du goût d’aujourd’hui. Et justement, ce que nous recevons de ces rencontres, par le ressenti subtil et éduqué de l’amateur d’art, ne serait-ce pas, par delà les modes, cette touche d’intemporalité universelle qui nous relie tous, amateurs ou pas, éduqués ou pas, au Beau ? (Édition annotée)
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Le poirier sauvage croît lentement, comme le cormier. Il est parfois pyramidal, parfois divisé en grosses retombées, trois ou quatre, qui dégagent la pointe et font la fleur de lys. C’est un arbre véritable, haut comme un chêne de taille moyenne, luisant sous le soleil et dont le tronc, vêtu d’écaille grise, est une colonne torse. Sa plus grande beauté, ainsi qu’il arrive, lui vient aux premiers froids, ceux que nous sentons à peine, qui traversent la nuit dans le mois incertain qui achève l’été. La veille, il s’endormait tout vert. À l’aube, il est marbré, il est fulgurant de rouge, d’orangé et de violet. Je vous en prie, cueillez, arrachez – car elles tombent difficilement – ces feuilles solides, renversées et luisantes. Dites si ce n’est point une injustice que de si belles taches, et d’une puissance à peu près unique, n’aient pas un peintre pour les rendre immortelles ? Ils vont plus volontiers à la flamme légère de l’alizier, arbre de lisière qui flambe tout entier dès la fin de septembre. Je ne les blâme pas. Mais n’ont-ils donc pas vu, parmi les souches de rouvres encore intactes, ces rudes draperies du poirier sauvage ? N’ont-ils pas observé que le rouge de ces feuilles blessées est le cerise ardent, l’un des tons les plus riches qui soient, et que le violet en est profond et mêlé de nuit ? Je vous assure qu’avec le chou, oui, le chou à bestiaux, si royalement vêtu, dont les nervures, mauves et violettes, ne ravissent que l’œil des perdreaux, le poirier est un des méconnus de la peinture.

René Bazin

26 décembre 1853, Angers
† 20 juillet 1932, Paris

Juriste de formation, professeur de droit criminel à la Faculté Libre d’Angers, mais avant tout homme de lettres, René Bazin a commencé à écrire, de son propre aveu, dès qu’il en a eu la capacité.

En plus de collaborer à plusieurs journaux (le Figaro, le Journal des Débats, la Revue des Deux Mondes, etc.) il est l’auteur d’une œuvre foisonnante : récits de voyages, biographies, nouvelles, poèmes, et surtout de nombreux romans, dont la plupart remportent un fort succès et dont plusieurs sont primés.

En 1903, Les Oberlé lui ouvre les portes de l’Académie Française.

Il meurt à l’apogée d’une magnifique gloire littéraire, que les bouleversements de l’histoire et la course trop rapide du temps ont un peu éloignée. René Bazin est le grand-oncle de l’écrivain Hervé Bazin.

Du même auteur :

À l’aventure

Paysages et pays d’Anjou

I. – Le choix de l’heure dans le paysage
II. – La composition du paysage
III. – L’attitude
IV. – Trois vaisseaux de Turner
V. – De quelques vitraux modernes
VI. – Le portrait des maisons
VII. – Les grands espaces
VIII – Les grands espaces (suite)
IX. – La peinture religieuse
X. – À propos des portraits de Rembrandt
XI. – Nos arbres
XII. – Rousseau et Millet
XIII. – Le maître graveur Ferdinand Gaillard
XIV. – L’œuvre de René Ménard
XV.  – Monsieur Ingres
XVI. – L’œuvre d’Henri Le Sidaner
XVII. – Trois peintres de la Bretagne
XVIII. – Les portraits de ceux de la guerre
XIX. – Aquarelles
XX. – Tapisseries des Gobelins
XXI. – Les pastels d’un grand savant
XXII. – Un grand architecte : Sainte-Marie Perrin
XXIII – Un maître marqueteur : Charles Spindler
XXIV. – La vallée aux maisons de tuf
XXV. – À des artistes catholiques

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