Les textes d’autrefois, l’édition d’aujourd’hui.

Le soulèvement de Martinez

Vicente BLASCO IBAÑEZ

Le Mexique, tel que l’imagination universelle se le représente : les soldats à cheval au milieu des cactus, les larges sombreros, les señoras au regard sombre, et la Revolución comme art de vivre.

« Cette courte nouvelle écrite avec la souriante désinvolture de celui qui en a trop vu pour encore s’étonner, offre un tableau tendre et lucide d’un pays, justement, indescriptible. »

   

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Un Mexicain doit aller partout avec son épouse, même en guerre. Les défenseurs du gouvernement, tout aussi bien que les révolutionnaires, emmenaient avec eux leurs femmes, appelées soldaderas, qui remédiaient à l’absence d’admi­nistration militaire, chacune s’occupant de nourrir « son homme ».

Dans les marches, elles allaient à l’avant-garde, entourées d’essaims de marmots, les vêtements de la famille formant un ballot sur leur tête. Elles pillaient tout, rasaient les champs comme une nuée de sauterelles, et lorsque les soldats faisaient halte, ils trouvaient le feu allumé et le repas à point. Les premiers contacts entre deux partis se produisaient presque toujours entre avant-gardes de soldaderas. Oubliant leur antagonisme, elles se vendaient les unes aux autres leur superflu. Le défenseur du gouvernement, par l’intermédiaire de sa compagne, fournissait des vivres au rebelle. D’autres fois c’était le contraire.

La monnaie ne jouait presque aucun rôle dans ces transac­ tions. Le parti manquant de munitions voulait seulement vendre son pain en échange de cartouches, et celui qui en possédait les cédait, avide de nourriture, sans penser que quelques heures après, ces mêmes projectiles pouvaient lui donner la mort. Dès que le combat s’engageait, les soldaderas et leurs ribambelles de marmots se retiraient à l’arrière-garde. D’autres fois, aux moments critiques, la femme entrait dans la mêlée, pour soutenir le compagnon blessé et continuer le feu.

Vicente Blasco Ibañez

29 janvier 1867, Valence (Espagne)
† 28 janvier 1928, Menton

Passé à la postérité surtout en tant qu’écrivain, il a eu en réalité un parcours de vie foisonnant.

Journaliste et homme politique, il fonde un journal, El Pueblo, et un mouvement politique, le blasquisme ; romancier, cinéaste, conférencier, sa volonté d’affirmation est indomptable.

Républicain et anticlérical passionné, ce trublion connaît plusieurs fois l’exil et la prison ; il ne reculera même pas devant le duel pour défendre ses opinions.

Encore après son décès, sa notoriété continuera à refléter les vicissitudes politiques de son pays.

Du même auteur :
Le prêt de la morte

CHAPITRE I

CHAPITRE II

CHAPITRE III

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