Les textes d’autrefois, l’édition d’aujourd’hui.

À l’aventure

René BAZIN

Ceci est tout sauf un livre d'aventure. C'est un livre de découverte tranquille, la rencontre curieuse et respectueuse d'un peuple aimé.

L'Italie du XIXe siècle est très loin de celle d'aujourd'hui. Des problématiques qui à l'époque marquaient profondément les esprits, l'influence allemande, la Triple Alliance, l'Érythrée, sont depuis longtemps oubliées, mais elles ont laissé des traces durables dans les mémoires.

« Il émane de ce texte comme un extrait concentré d'Italie, qui pourrait surprendre même les connaisseurs. Ce que nous révèle ce livre en fait, c’est l'âme italienne. »

   

 2,10

Au petit jour, nous sommes à Trieste.
C’est une très belle ville, dans une situation admirable. Pressée d’abord le long de ses quais, en larges masses blanches, très moderne et comme neuve, avec ses hautes maisons peintes, ses rues pavées de dalles, ses quartiers commerçants d’une opulence et d’une propreté rares, elle s’étage ensuite sur les premières assises des montagnes qui ferment la mer, espaçant ses habitations dans la verdure des vignes et des oliviers, jusqu’à cette région dénudée et pierreuse où le froid saisirait l’Italien frileux. Beaucoup de ports d’Orient sont bâtis de la sorte, en amphithéâtre, autour d’une anse bleue.
Celui-ci est, d’ailleurs, très levantin de mœurs et de couleur. Toutes les Échelles du Levant y sont représentées. La poupe des tartanes y porte des noms qui ont un miroitement de soleil et de sequins : Constantinople, Salonique, Smyrne, Corfou, Scutari, Syra. Des patrons de barques se promènent sur les jetées, portant la veste bleue et les longues moustaches des brigands barbaresques. Beaucoup d’inscriptions sont en grec ou en turc, au-dessus des cabarets et des boutiques de voiliers.

Il y a près des fontaines des auges de pierre, pour abreuver les bœufs qui, le plus souvent, remplacent ici les chevaux. On les rencontre partout, ces petits bœufs jaunes, attelés entre des brancards, quelquefois deux ensemble et conduits en tandem, traînant des chariots étroits. Ils sont une des curiosités du port. Vers midi, on peut les voir, autour d’un square, près de la gare, dételés et couchés à côté de leurs chariots, comme des bêtes de caravane, le mufle tendu vers l’ombre des rues, endormis pêle-mêle avec leurs conducteurs.

René Bazin

26 décembre 1853, Angers
† 20 juillet 1932, Paris

Juriste de formation, professeur de droit criminel à la Faculté Libre d’Angers, mais avant tout homme de lettres, René Bazin a commencé à écrire, de son propre aveu, dès qu’il en a eu la capacité.

En plus de collaborer à plusieurs journaux (le Figaro, le Journal des Débats, la Revue des Deux Mondes, etc.) il est l’auteur d’une œuvre foisonnante : récits de voyages, biographies, nouvelles, poèmes, et surtout de nombreux romans, dont la plupart remportent un fort succès et dont plusieurs sont primés.

En 1903, Les Oberlé lui ouvre les portes de l’Académie Française.

Il meurt à l’apogée d’une magnifique gloire littéraire, que les bouleversements de l’histoire et la course trop rapide du temps ont un peu éloignée. René Bazin est le grand-oncle de l’écrivain Hervé Bazin.

Avant-propos

I – Un domaine seigneurial en Piémont

II – Venise.
– La note moderne.
– Les réservistes.
– Sensations rapides.
– Une idylle

III – De Venise à Trieste la nuit.
– Trieste et ses deux rivales.
– La mêlée des races.
– Pour une photographie.
– La dernière conquête des Slaves

IV – Sur la route d’Adelsberg.
– Un compartiment de troisième.
– Opinions d’un musicien italien et de deux vélocipédistes hongrois.
– L’irrédentisme.
– La démonstration du vendredi

V – Les deux Bologne.
– L’Université.
– Les nations de Flandre et d’Espagne

VI – Un patriote grand seigneur.
– Son opinion sur la triple alliance.
– La marquise B.

VII – Le palais du marquis B.
– Les partis italiens.
– Mélancolie d’un jeune homme riche.
– La peur de se compromettre

VIII – Florence la nuit.
– Une œuvre pie : la Miséricorde.
– Les pigeons du Dôme

IX – Assise

X – Observations psychologiques à propos de Massaoua

XI – La ville et le territoire de Massaoua.
– Les alliés de l’Italie.
– L’avenir de la colonie Érythrée

XII – La famille Tacconi.
– Les ouvriers français à Rome.
– La troisième visite

XIII – La combinazione.
– Pourquoi les Italiens n’ont pas de romanciers

XIV – La pénétration allemande.
– L’influence française

XV – L’enseignement secondaire à Rome

XVI – La loterie

XVII – Mon ami Dévastard.

Conclusion

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