Les textes d’autrefois, l’édition d’aujourd’hui.

Trianon

Pierre GIRAULD de NOLHAC

À Versailles, contrairement au château qui, de rendez-vous de chasse, est devenu palais d’État, Trianon, dès le début conçu comme un lieu privé de détente, a gardé sa vocation. Refuge discret pour les favorites ou maison particulière de la reine, cette annexe très protégée vit grandir au fil du temps son rôle de lieu de repos, loin des contraintes de l’étiquette. Cet aimable cadre des fêtes et des amitiés informelles fut suffisamment choyé pour devenir un véritable bijou d’élégance et de raffinement, qui nous enchante encore aujourd’hui. L’auteur nous présente son histoire avec autant de science que de cœur. (Édition annotée.)
(Version révisée, augmentée et illustrée de celle de 1924 parue sous le titre Le Trianon de Marie-Antoinette.)

***
ISBN livre : 978-2-38371-017-2
ISBN ebook : 978-2-38371-018-9

   

Le jardin cependant se meublait de perspectives intéressantes, bien que le rocher ni le lac ne fussent prêts ; mais le Temple de l’Amour apparaissait dans toute sa grâce. Marie-Antoinette voulut en célébrer l’inauguration. La fête fut offerte au Roi, le 3 septembre 1777. On raconta qu’il l’avait d’abord refusée par économie. Elle coûta fort cher, mais fut très réussie et le nouveau Trianon fort admiré. Jamais il n’y avait eu autant de monde, et, pour la première fois, les femmes des ministres y furent invitées. Bonnefoy du Plan avait eu carte blanche et s’était surpassé. Le long des avenues extérieures, on avait installé des boutiques de marchands de Paris, et c’était dans l’intérieur du jardin le joyeux tumulte d’une foire. On avait planté sur la pelouse tout un décor de place publique, avec des bornes et des fontaines, une boulangerie, une pâtisserie, une rôtisserie. La guinguette, dressée plus loin, était formée de vingt-et-un berceaux de treillage, portant chacun le nom d’une Maison royale. Dans les baraques, reliées par des guirlandes de fleurs, les dames de la Cour jouaient aux marchandes et la Reine versait de la limonade. Il y avait un cabinet de Comus et un théâtre en plein vent, où l’on représentait des proverbes à couplets, les Sabots de Sedaine, et des ballets grotesques. La foire comportait des parades de toute sorte ; on applaudit surtout le fameux Carlin, l’Arlequin de la Comédie-Italienne, batelant avec Dugazon, de la Comédie-Française, devant l’étalage d’un oiseleur, dans deux carcasses d’osier en forme de pie et de dindon. Le jeu de bague avait donné l’idée d’une fête à la chinoise ; on l’avait entouré de gradins en amphithéâtre, surmontés de quarante châssis peints représentant des vases de porcelaine pleins de fleurs, et les musiciens des gardes françaises y jouaient en costumes chinois. Le soir, dix-huit cents lanternes à la vénitienne et des feux de toutes espèces illuminèrent le jardin, où continuèrent les amusements. M. Necker en eut pour quatre cent mille livres.

Pierre Girauld de Nolhac

15 décembre 1859, Ambert
31 janvier 1936, Paris

Écrivain, poète, historien, humaniste, académicien, Pierre Girauld de Nolhac a eu dans sa vie deux amours : les Antiquités latines, et le XVIIIe siècle français – Rome et Versailles.

Après de brillantes études, il devient dès 1882 membre de l’École française de Rome.

Ses recherches sur Pétrarque feront date.

Ce fort lien affectif à l’humanisme de la Renaissance italienne l’accompagnera toute sa vie, en tant que Conservateur du Château de Versailles, comme en tant que directeur du musée Jacquemart-André.

Élu à l’Académie Française en 1922, il laisse une œuvre abondante.

Du même auteur :
Fragonard, 1732-1806
La création de Versailles
La résurrection de Versailles
Le Trianon de Marie-Antoinette
Louis XV et Marie Leczinska
Souvenirs d’un vieux Romain
Versailles au XVIIIe siècle
Versailles résidence de Louis XIV

I. – L’ancien Trianon
II. – Le nouveau Trianon
III. – Le jardin de la Reine
IV. – Les plaisirs de Trianon, 1774-1780
V. – Les plaisirs de Trianon, 1780-1785
VI. – Le théâtre
VII. – Le Hameau
Sources
Appendices
Trianon de porcelaine
Les consignes de Marie-Antoinette
Les recueils de Trianon

Choisissez l’édition selon votre type de liseuse :

Kindle est une liseuse de livres numériques, qui se lisent comme des livres en papier. Elle se base sur de vraies particules d’encre et des typographies créées sur mesure, manuellement, afin de permettre un rendu d’affichage des mots et des lettres aussi précis que sur un livre en papier.

Kobo est une liseuse pour bibliophiles. Elle propose une expérience de lecture avec une excellente résolution. Ses paramètres automatiques reproduisent la progression naturelle du soleil, en émettant la meilleure luminosité selon le moment de la journée, incluant les nuances de lumière.

mon autre librairie . les textes d’autrefois, l’édition d’aujourd’hui
Mon Autre Librairie sur Facebook