Les textes d’autrefois, l’édition d’aujourd’hui.

Tout yeux tout oreilles

Jules HURET

L'auteur, journaliste voyageur, se présente ici sous son activité favorite : l'art de l'entretien.

De ses rencontres avec de nombreux personnages de l'époque, aujourd'hui célèbres ou tombés dans l'oubli, il a fait un ouvrage composite, inclassable, et passionnant.

« Depuis l'actualité littéraire, politique, sociale, de haut niveau, jusqu'au fait divers le plus sordide, il nous ouvre sur le XIXe siècle un aperçu tout à fait inhabituel, un vrai régal pour le lecteur curieux d'insolite. »

Préface d'Octave Mirbeau. Édition annotée.

   

 3,80

Je suis retourné le lendemain au puits Pélissier et j’ai pu m’entretenir longuement d’abord avec M. Chosson, ingénieur en chef de l’État, pour le département de la Loire, puis avec M. Nau, directeur de la mine de Villebœuf. Ces deux hommes représentent, à l’heure qu’il est, les deux grandes responsabilités qu’on va opposer l’une à l’autre : l’État, la Compagnie.

Quand viendra à la Chambre la discussion du rapport de la commission, le combat sera circonscrit entre eux ; selon la commission, ils sont également coupables, mais l’administration des mines aura pour défenseur tout-puissant le ministre des travaux publics, qui, en défendant ses subordonnés, se défendra lui-même ; la Compagnie n’aura sans doute personne… Des gens penseront : « Tant pis pour la Compagnie ! Cette association anonyme d’intérêts capitalistes, qui s’enrichit au travail et aux risques de mort de centaines de malheureux, ne mérite pas qu’on s’émeuve pour elle ! » Soit. Mais ce qui invisiblement dominera le débat, ce qui donnera aux gens renseignés l’émotion dont seront privés les autres, c’est la lutte inégale et sourde d’une administration solidaire et souveraine contre un seul homme, désarmé et impuissant, le directeur de la mine.

Car qu’on ne s’y trompe pas ! L’État reconnu responsable, même dans une mesure réduite, c’est, à un point de vue général, le bouleversement fatal du régime minier ; c’est, à brève échéance, la mise en question des concessions ; c’est le point de départ d’une grosse révolution économique qui n’est pas là d’être acceptée ! Au point de vue particulier, c’est la panique jetée dans la hiérarchie des administrations, ce sont les agents de l’État, désarmés par les règlements, terrorisés sous des responsabilités formidables et latentes : l’administration des mines ne sera donc pas coupable…

Jules Huret

8 avril 1863, Boulogne-sur-Mer
† 14 février 1915, Paris

Obligé de travailler de bonne heure, sans avoir fait d’études, Jules Huret « monte à Paris » en 1885. Doué d’un talent certain pour l’écriture, il trouve vite sa place dans le journalisme, et dès 1890 devient un collaborateur régulier de l’Écho de Paris.

Entre temps il a trouvé sa voie : il sera le grand spécialiste de l’entretien. Pendant des années il interroge des personnalités de tous bords et milieux, en France et à l’étranger, rencontres qui nourriront toute son œuvre.

Passé en 1892 au Figaro, où il tient plusieurs chroniques, il écrira pour ce journal des reportages fournis tirés de ses nombreux voyages, où son art consommé de la rencontre lui ouvrait toutes les portes.

Ce colosse de l’écriture partit dans la force de l’âge, victime d’une longue maladie de cœur.

Du même auteur :
En Argentine – I
En Argentine – II

Préface
Lendemain de première : Chez M. Alphonse Daudet.
Les deux lutteurs : Zola et Brunetière.
L’Ortografe : Chez M. Louis Havet. À l’Académie : MM. Renan et Camille Doucet.
Le bachot : Un grand « recalé ». Chez M. Émile Zola.
Chez les mineurs : À Saint-Étienne.
Le mal d’aimer : Chez le Dr Émile Laurent, guérisseur.
Galvanoplastie macabre : Chez le Dr Variot.
Un prêtre réfractaire : Chez M. l’abbé Jouet.
Une grande découverte ? Le Planeur Capazza.
Wagner et les patriotes : Chez M. Francis Laur.
Le faiseur d’or.
Un revenant : M. Numa Gilly.
Pour voir Arton.
La dernière absinthe.
À la frontière.
Yvan Tourguénieff : Daudet. Goncourt. Zola.
À propos de l’Attaque du Moulin.
La femme de l’anarchiste.
Au Maroc.
L’artiste et le baronnet.
L’incendie du Bazar de la Charité.
Gabriel d’Annunzio à Paris.
Le lion et le taureau.
Un drame en mer.
L’affaire Dreyfus.
À la cour de Cassation : première, deuxième et troisième audience.
Le colonel Picquart libéré.
Le voyage d’Alfred Dreyfus.
Dreyfus à Carpentras.
Ceux de Lédignan – Une commune dreyfusarde.
Poing contre pied.
Journée d’hiver au Bois.
En Belgique : expulsion de MM. Déroulède et Buffet.
Retiré de la vie : chez J.-K. Huysmans.

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