Les textes d’autrefois, l’édition d’aujourd’hui.

Madame de Pompadour et la politique

Pierre GIRAULD de NOLHAC

Rarement personnage de notre histoire fut aussi méconnu et aussi injustement décrié que madame de Pompadour.

« C’est l’étonnante conclusion de cet ouvrage érudit et solidement documenté, qui nous révèle derrière la resplendissante favorite la femme blessée, à l’influence tristement surévaluée. »

   

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Cependant le blocus de la flotte à Toulon, le ravage méthodique de nos côtes de l’Atlantique, marquaient l’audace de l’Angleterre. Une vraie victoire sauva le sol breton de l’invasion. Les milices locales, rassemblées en armée par le duc d’Aiguillon, commandant de la province, battirent les Britanniques à Saint-Cast, leur tuèrent trois mille hommes et firent cinq cents prisonniers. Un mois auparavant, madame de Pompadour, très attachée à M. d’Aiguillon et à sa mère, avait été pour lui de fort bon conseil en le dissuadant de demander son rappel. Il lui avait fallu lutter contre une décision prématurée, imposer son avis, gourmander le jeune commandant de Bretagne pour le retenir à son poste. Ainsi l’occasion de servir le Roi avec gloire avait surgi, et elle prenait sa part de l’heureuse aventure : « Nous avons chanté aujourd’hui votre Te Deum et je vous assure que ç’a été avec la plus grande satisfaction. J’avais prédit vos succès, et en effet comment était-il possible qu’avec autant de zèle, d’intelligence, une tête aussi froide et des troupes qui brûlaient, ainsi que leur chef, de venger le Roi, vous ne fussiez pas vainqueur? Dites-moi, je vous prie, actuellement, si vous êtes bien fâché contre moi de n’avoir pas cédé à vos instances et aux belles raisons que vous m’avez contées. Elles ne valaient rien dans ce temps et je les trouverais encore plus détestables aujourd’hui. Un autre n’aurait pas fait aussi bien que vous ; je serais dans la douleur au lieu d’être dans la joie; vous vous seriez pendu, et il y aurait bien de quoi. Osez dire maintenant que ma tête ne vaut pas mieux que la vôtre, je vous en défie. »

Quelques jours après, c’est d’un autre succès qu’on le félicite : « Assurément, monsieur, vos lieutenants sont dignes de leur chef et, pour qu’ils le soient toujours, il faut qu’il leur reste jusqu’à la paix. Je suis têtue pour le service du Roi et je n’en rabattrai rien, vous le savez. N’en parlons plus, parlons du vainqueur de Saint-Cast, de la façon brillante dont M. de Sainte-Croix l’a imité et dont il l’imitera encore, car on dit que ces messieurs les mylords en veulent retâter. Je désire de toute mon âme que ce soit au même prix ; j’aurais un nouveau compliment à vous faire et un à recevoir de vous, l’un et l’autre me plairaient infiniment. » Désormais, le duc d’Aiguillon s’appellera dans toutes les lettres « M. Cavendish » et ce surnom, pris au vaincu, sera la flatterie perpétuelle de sa victoire.

Pierre Girauld de Nolhac

15 décembre 1859, Ambert
31 janvier 1936, Paris

Écrivain, poète, historien, humaniste, académicien, Pierre Girauld de Nolhac a eu dans sa vie deux amours : les Antiquités latines, et le XVIIIe siècle français – Rome et Versailles.

Après de brillantes études, il devient dès 1882 membre de l’École française de Rome.

Ses recherches sur Pétrarque feront date.

Ce fort lien affectif à l’humanisme de la Renaissance italienne l’accompagnera toute sa vie, en tant que Conservateur du Château de Versailles, comme en tant que directeur du musée Jacquemart-André.

Élu à l’Académie Française en 1922, il laisse une œuvre abondante.

Du même auteur :
Souvenirs d’un vieux Romain
Le Trianon de Marie-Antoinette
La vie amoureuse de Pierre de Ronsard
La résurrection de Versailles
Fragonard, 1732-1806

I. – L’initiation

II. – Les affaires d’Église

III. – La conversion de la marquise

IV. – Le renversement des alliances

V. – L’année de Damiens

VI. – Les armées du Roi

VII. – La disgrâce de Bernis

VIII. – Le ministère de Choiseul

IX. – La fin

Sources

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