Les textes d’autrefois, l’édition d’aujourd’hui.

La paix latine

Gabriel HANOTAUX

À la croisée des chemins entre les manuels d'histoire, les précis de géographie et les récits de voyages, cet ouvrage très riche nous emmène visiter quelques lieux célèbres du pourtour de la Méditerranée.

Berceau de la civilisation et de la culture, éternel théâtre de conflits sans fin, la Méditerranée a pour destin, selon l'auteur, de devenir un jour le lieu de naissance de la concorde universelle.

« C'est cette vaste fresque historique et géopolitique qu'il déroule devant nous, d'une plume érudite et experte. »

(Édition annotée)

   

 3,80

C’est à Tlemcen que j’ai passé le 1er janvier de l’année 1900, sans que j’aie pu savoir d’ailleurs, parmi les avis divers des gens disposant de ces choses-là, si j’étais encore dans le dix-neuvième ou déjà dans le vingtième siècle. Nous avons discuté gravement la question, en bons Parisiens, dans la nuit de la Saint-Sylvestre, autour d’une table amicale où fumait le samovar et où respirait un bon air de France. Le lendemain, malgré un sirocco qui arrachait les toits, déracinait les arbres, et qui me rappelait vraiment trop les rafales de l’Escurial, j’étais jeté en Tlemcen, c’est-à-dire en pleine Afrique.

Pas une minute d’hésitation ni de désillusion : la réalité était à la hauteur du rêve et, du premier contact, elle m’empoignait. Le trop court séjour que j’ai fait à Tlemcen a été une course haletante de colline en colline, de mosquée en mosquée, de quartier en quartier, ou, pour mieux dire, de ville en ville ; car Tlemcen, au cours de sa tragique histoire, s’est déplacée plusieurs fois, cherchant un endroit où s’arrêter et se reposer définitivement, et ne le trouvant jamais. Elle s’est promenée pendant des siècles, de Sebdou en Agadyr, d’Agadyr en Tagrath, de Tagrath en Mansourah, de Mansourah en Tlemcen, et, comme les capitales, elle est la ville aux sept collines.

Aujourd’hui, à demi couchée sur les pentes des coteaux, au pied de la magnifique plateforme à pic qui la domine, vêtue de la forêt des oliviers, des cerisiers, des amandiers, des orangers, des platanes et des chênes, Tlemcen étend devant elle, dans la plaine rousse et verte, le tapis naissant des céréales, l’alignement des vignes et l’ombre fine des vergers. Elle répand sur les molles collines, d’abord, les cubes de ses marabouts semés dans la campagne, puis les toits rouges des fermes et des villas, puis les gradins étagés de ses maisons blanches, et enfin, tout en haut, les minarets et les dômes de ses trente mosquées.
Ce n’est pas la mort, c’est plutôt le sommeil d’une grande et belle ville ; on sent poindre en elle et hors d’elle comme le frémissement d’une prospérité latente. Sur les pentes bruit partout le gazouillis des eaux, si précieuses en terre d’Afrique. Et c’est le chant universel qui dit la fécondité, la joie et l’espérance. Les poètes arabes, qui ont tant aimé Tlemcen, ont célébré ses eaux et cette fameuse fontaine de Lourit, qui est comme une Vaucluse africaine.

Gabriel Hanotaux

19 novembre 1853, Beaurevoir
† 11 avril 1944, Paris

Parent par sa mère de l’historien Henri Martin, Gabriel Hanotaux commença à l’École des Chartes avant de s’engager en 1879 dans la carrière diplomatique.

Deux fois ministre des affaires étrangères, il s’efforcera toujours de détacher la France de l’Angleterre au profit de l’Allemagne et de la Russie, et de favoriser la présence française en Afrique.

Élu à l’Académie française le 1er avril 1897, il a laissé une œuvre abondante nourrie de ses expériences aux affaires et de sa passion première pour l’Histoire.

Introduction – La paix latine

La renaissance latine

À travers l’Espagne

La France africaine

Tlemcen
Algérie
Carthage

L’islam

En Sicile

Ségeste. – Les anciens peuples
Palerme
Agrigente. – Les grands dieux
Syracuse. – La mort d’Athènes
L’Etna

Le Vésuve et Pompéi

Ports français

Marseille et les grands chemins du monde
L’avenir de Marseille
Bizerte

L’Adriatique

« Lago adriatico »
Venise
Miramar
La querelle adriatique

Notes

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