Les textes d’autrefois, l’édition d’aujourd’hui.

Essai sur l’évolution historique et philosophique des idées morales dans l’Égypte ancienne

Emile AMÉLINEAU

À la suite d’un essai plus spécifique, publié en 1892, consacré uniquement au papyrus moral de Boulaq, cet essai aborde la question fondamentale de l’évolution de la morale depuis les premières dynasties jusqu’à la fin de la civilisation égyptienne, et sa survie dans les cultures qu’elle nourrit encore de nos jours.

Depuis les maximes et les proverbes égyptiens sur la famille, la justice, le pouvoir, les dieux… jusqu’au triomphe de la philosophie grecque, le chemin est tracé, et la démonstration est lumineuse.

« Un ouvrage admirable et incontournable. »

   

 4,49

Si nous rapprochons de cette idée certains autres faits, comme celui qui laissait les maisons indivises en Égypte, comme celui que le fils suivait presque toujours la condition où il était né, et bien d’autres que je pourrais citer, nous verrons d’abord que la famille alliait au culte de ce Dieu la possession d’un habitat permanent, tout comme c’était la règle en Grèce et à Rome. Si nous voulons rechercher en plus comment étaient faites et sont encore faites les maisons égyptiennes, nous trouverons que, toutes, elles avaient une sorte d’area qui les entourait, comme en Grèce et à Rome. Nous savons déjà que l’on y conservait les momies des membres de la famille enterrées dans cette cour ou placées dans une niche bâtie exprès pour les y recevoir, comme c’était l’usage primitif en Grèce et à Rome d’ensevelir les membres de la famille dans l’intérieur de l’area dont je viens de parler. De là avait pris origine ce culte des ancêtres que j’ai signalé récemment. Jusqu’ici on avait bien observé que les morts étaient l’objet d’un culte spécial, puisqu’il y avait dès le temps des pyramides des esclaves du double, qui devinrent dans la suite des prêtres du double, et que le prêtre du double de Khéops, par exemple, existait encore au temps de la dynastie ptolémaïque ; mais ce qu’on n’avait pas fait observer, c’est que celui qui était chargé officiellement de perpétuer le culte de la famille, d’obvier à son extinction, absolument comme le feu qu’on conservait dans l’âtre de la maison, c’était le fils aîné, celui qui faisait « revivre le nom de son père », comme disent les textes.

Dès le temps des pyramides et des mastabas, on trouve des exemples de ce culte de la famille dans les inscriptions où le prêtre qui offre la libation au défunt est quelquefois nommé le fils aîné, et dans certaines prérogatives que nous ont conservées les représentations des tombeaux ; sous le Nouvel Empire thébain, nous voyons que la coutume s’est conservée intacte à la dix-huitième dynastie, où je l’ai déjà signalée ; et si nous voulons passer à l’époque à laquelle fut copié le papyrus moral de Boulaq, nous trouvons la maxime suivante : « Offre de l’eau à ton père et à ta mère qui sont dans la vallée funéraire ; vérifie l’eau, offre des choses divines, autrement dit acceptables. Ne l’oublie pas, quand tu es au dehors. Si tu le fais, ton fils le fera pour toi semblablement. »

Emile Amélineau

28 août 1850, La Chaize-Giraud
† 12 janvier 1915, Châteaudun

Archéologue et égyptologue français, spécialiste de la culture copte.

Après des études au séminaire de Rennes et son ordination dans cette même ville, il commence à Paris en 1878 un cursus à l’École Pratique des Hautes Études, où il approfondit ses recherches sur les documents coptes.
Il y enseignera d’ailleurs jusqu’en 1895.

C’est en 1883, lors de son premier voyage en Égypte en tant que membre de la mission archéologique française au Caire, qu’il renonce à la prêtrise pour se consacrer définitivement à la recherche archéologique.

Outre son travail sur l’Égypte chrétienne, il participera de l’hiver 1895 au printemps 1898 aux fouilles d’Abydos, au cours desquelles sera découverte la stèle de Ouadji.

Suite à l’échec des négociations avec le musée du Louvre, ses collections seront en partie vendues à l’hôtel Drouot, et en partie offertes au musée municipal de Châteaudun, ville dont il avait fait sa résidence principale et où il finira ses jours.

INTRODUCTION

CHAPITRE PREMIER

Commencement des idées religieuses et morales dans l’ancienne Égypte

CHAPITRE SECOND

Idées sociales sous l’Ancien Empire

CHAPITRE TROISIÈME

Des traités de morale qu’on peut attribuer à l’Ancien Empire

CHAPITRE QUATRIÈME

Progrès moraux et sociaux sous le Moyen Empire

CHAPITRE CINQUIÈME

Développement et apogée des idées religieuses en Égypte

CHAPITRE SIXIÈME

Le culte

CHAPITRE SEPTIÈME

Développement des idées regardant le composé humain

CHAPITRE HUITIÈME

Développement parallèle des idées sociales

CHAPITRE NEUVIÈME

La famille en Égypte

CHAPITRE DIXIÈME

Conduite de l’homme vis-à-vis de lui-même

CHAPITRE ONZIÈME

Rapports de l’homme privé avec autrui

CHAPITRE DOUZIÈME

Influence des idées morales de l’Égypte à l’extérieur, et surtout dans la Grèce

CONCLUSION

Résultats de cet essai sur la morale égyptienne

Choisissez l’édition selon votre type de liseuse :

Kindle est une liseuse de livres numériques, qui se lisent comme des livres en papier. Elle se base sur de vraies particules d’encre et des typographies créées sur mesure, manuellement, afin de permettre un rendu d’affichage des mots et des lettres aussi précis que sur un livre en papier.

Kobo est une liseuse pour bibliophiles. Elle propose une expérience de lecture avec une excellente résolution. Ses paramètres automatiques reproduisent la progression naturelle du soleil, en émettant la meilleure luminosité selon le moment de la journée, incluant les nuances de lumière.

Il n’y pas encore d’avis.

Soyez le premier à laisser votre avis sur “Essai sur l’évolution historique et philosophique des idées morales dans l’Égypte ancienne”

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

mon autre librairie . les textes d’autrefois, l’édition d’aujourd’hui
Mon Autre Librairie sur Facebook