Les textes d’autrefois, l’édition d’aujourd’hui.

Mission des Souverains

Joseph Alexandre SAINT-YVES d'ALVEYDRE

Une relecture de l'histoire de l'Europe, centrée sur le conflit entre le pouvoir religieux, des papes, et le pouvoir temporel, des différentes autorités des nations.

Par cet éclairage nouveau, l'auteur montre comment ceux qui auraient dû exercer le véritable pouvoir spirituel se sont abaissés à la revendication guerrière d'un pouvoir politique qui ne leur était pas destiné.

« Il termine par un projet de constitution européenne, annonçant l'idée de Synarchie développée dans les volumes suivants. Un texte exigeant, pour chercheurs confirmés. »

Restait le pape, me dira-t-on.
Il était aux prises avec l’empire.
D’ailleurs, n’ayant pas plus respecté les royautés que l’empire, le saint Siège en était payé de même monnaie politique, et réduit soit à foudroyer les couronnes, soit à les oindre, et vice versa.
Rome n’avait, en dehors de ses violences révolutionnaires ou de ses cérémonies cultuelles, aucune prise juridique, rationnelle et pratique sur les monarchies.
Elle n’était pas en état de juger équitablement de pareils procès, et de n’y pas mêler ses propres intérêts politiques, puisqu’elle possédait en Allemagne le tiers, en Angleterre le quart, en France le cinquième du territoire, sans parler des revenus.
C’est ainsi que les rois chrétiens, dans leurs litiges entre eux, furent réduits au recours aux armes, aux guerres privées du droit féodal, au Fehde des anciens sectateurs d’Odin, aux combats judiciaires de la Celtide antique, aux ordalies des barbares de l’Europe, de l’Asie et de l’Afrique primitives, en un mot à la cour d’appel du meurtre et du carnage militaires.

Telles sont les origines du Gouvernement général, du prétendu Droit public des traités, de la guerre et des armées permanentes qui, depuis la guerre de Cent ans jusqu’au traité de Westphalie, depuis le Congrès de 1648 jusqu’à celui de Vienne et au traité de 1815, depuis ce dernier jusqu’au dernier traité de Paris, gouvernent encore toutes les nations européennes, après dix-huit cents ans de Christianisme.
La papauté sentait si bien qu’en révolutionnant l’empire pour en hériter, elle avait assumé sur elle la responsabilité de le suppléer, qu’en 1119, le pape, en France même, essaya de réconcilier les deux rois, mais sans pouvoir leur faire rien conclure ni régler.
Dans des questions si compliquées, on ne dénoue point les querelles humaines avec le sentiment individuel, mais avec des institutions pratiques, dont les plans basiques et les fonctions hiérarchiques sont l’œuvre organique la plus délicate de la sagesse religieuse et de la science sociale.
Les deux rois pouvaient, sous la louable influence du pape qui, momentanément, y avait intérêt, se jeter dans les bras l’un de l’autre ; mais la géographie politique n’en était pas plus réconciliée pour cela avec les questions nationales, ni les plans territoriaux avec les fonctions monarchiques qui s’élevaient sur eux.
Ces mêmes questions d’ethnicité et de territoire avaient mené, dirigeaient et régissent encore, bon gré mal gré, la papauté romaine, tant dans sa conduite politique vis-à-vis de l’empire grec, que vis-à-vis de la monarchie lombarde, de l’empire germain et de toutes les autres monarchies.
La querelle recommença donc plus violente entre Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion.
Cette fois encore, Rome intervint.

Joseph Alexandre Saint-Yves d’Alveydre

26 mars 1842, Paris
† 5 février 1909, Pau

La vie d’Alexandre Saint-Yves, plus tard marquis d’Alveydre, fut avant tout marquée par l’étude.

Son parcours éclectique le mena de l’armée à la médecine, de l’économie à la musique, aux langues orientales, entre autres…

Son mariage en 1877 lui ayant apporté la sécurité financière, il put se consacrer à l’écriture et fit paraître une vingtaine d’ouvrages sur les sujets les plus variés.

Ami de Gérard Encausse (alias Papus), grand admirateur de Fabre-d’Olivet, il n’adhéra cependant à aucun mouvement spiritualiste, trop conscient de la portée universelle de son œuvre.

Ses travaux nourrirent pourtant les grands courants ésotéristes encore longtemps après la disparition de l’auteur.

L’ampleur et la profondeur de son œuvre sont en cruel contraste avec l’oubli dont il souffre aujourd’hui.

Du même auteur :
Mission des Ouvriers

Préface

Avant-propos

Gouvernement général de l’Europe

CHAPITRE PREMIER – DÉFINITIONS

République. – Monarchie. – Théocratie. – Force morale du Christianisme. – Impossibilité de la République et de la Monarchie radicales dans la Chrétienté. – Dangers en Asie et en Afrique. –Tempéraments représentatif, constitutionnel. – Emporocratie. – Empire. – Longévité comparée des gouvernements. – La Religion. – Les Cultes. – L’Église. – L’État Social. – L’État. – L’Autorité. – Le Pouvoir. – Les Ancêtres. – Notre Ancêtre.

CHAPITRE II – L’ÉGLISE JUSQU’AUX PAPES

Ses phases : Société secrète, République démocratique, puis aristocratique, à tempérament
constitutionnel et représentatif. – Origines de la hiérarchie ecclésiale. – Asservissement de la Religion à la Politique. – Diarchie d’églises. – Caractère monarchique de la papauté. – Son rôle dans l’unité italienne sous Théodoric.

CHAPITRE III – LA PAPAUTÉ EN FORMATION

Son rôle vis-à-vis de l’empire d’Orient. – La papauté est un Impérialat. – Elle n’est pas un Souverain Pontificat. – Comment elle pourrait l’être. – L’excommunication. – Le Catholicisme. – L’Orthodoxie. – Politique impériale des papes. – Pépin, Charlemagne. – Diarchie européenne d’empires, conséquence de la diarchie d’églises impériales. – Ignorance organique et sociale, pontificale et politique de la papauté et de Charlemagne.

CHAPITRE IV – LA PAPAUTÉ RÉVOLUTIONNAIRE

Renouvelle vis-à-vis de l’empire carlovingien sa conduite vis-à-vis de l’empire grec. – Réponses de l’épiscopat. – Caractère de la révolution féodale. – Combats judiciaires, sources de nos guerres européennes. – La légalité et la légitimité monarchiques devant la papauté.

CHAPITRE V – LA FÉODALITÉ À ROME

Ses conséquences à Rome même. – Ses conséquences dans l’empire ecclésial des papes. – Insurrection des évêques contre les papes. – Insurrection des papes contre les empereurs germains. – Comparaison de la papauté avec les anciens Pontificats. – Césarisme du saint Siège. – Sa politique impériale dans l’église romaine. – Comment elle entend la réforme de l’Église. – Hildebrand. – Grégoire VII.

CHAPITRE VI – LES PAPES EMPEREURS ET LES CROISADES

Ignorance gouvernementale de la papauté. – La municipalité romaine. – Son archaïsme républicain. – Analogie avec l’archéologie césarienne des papes. – Néant gouvernemental et social des Croisades. – Caractère antireligieux et antisocial des papes dans le gouvernement général. – L’invasion mongolique et le gouvernement général.

CHAPITRE VII – DIARCHIE DES EMPIRES EN OCCIDENT

Origine des monarchies divisionnaires ou royales. – Leur fonction générale dans la Chrétienté. – Leur tactique particulière en Espagne, en France, en Angleterre. – Procès féodaux entre dynastes. – Monarques de France et d’Angleterre. – Impuissance et chute de la papauté comme gouvernement général. – Guerre de Cent ans. – Congrès d’Arras. – La République européenne.

CHAPITRE VIII – LA RÉFORME DANS L’ÉGLISE LATINE

Caractère pseudo-républicain des conciles de Constance et de Bâle. – Réponse monarchique des papes. – Despotisme des dynastes. – Nullité du Saint-Empire. – Le Césarisme des papes recommence. – Réponse des nations et des dynasties non latines. – Luther. – Caractère politique du protestantisme dans la République européenne.

CHAPITRE IX – RÉACTION IMPÉRIALE DES PAPES

Aspect de l’Universelle Église. – Ses divisions en cultes hostiles. – Nullité religieuse de la papauté. – Erreurs de la critique française, depuis Montesquieu jusqu’à M. Lanfrey. – Démonstration de ces erreurs. – Caractère de la réaction européenne, impériale et latine, depuis le concile de Trente.

CHAPITRE X – TRIOMPHE DE LA RÉPUBLIQUE EUROPÉENNE

Henri IV de France. – Élisabeth d’Angleterre. – Leur projet de gouvernement général. – Le Code des Nations. – Richelieu et Mazarin en Europe. – Le Congrès de Westphalie. – Son caractère irréligieux et antisocial. – Armées permanentes. – Diplomatie. – Fonctionnarisme. – Anarchie gouvernementale de l’Europe. – Ses conséquences dans les nations. – Révolution française. – Napoléon Ier.

CHAPITRE XI – L’EUROPE AU DIX-NEUVIÈME SIÈCLE

Résultats du Congrès de Westphalie. – Congrès de Vienne. – Gouvernement diplomatique de l’Europe. – Athéisme, immoralité et illusion de ce gouvernement. – La Russie, l’Angleterre. – Unité de l’Italie et de l’Allemagne. – Leurs conséquences générales et nationales. – Réouverture possible des questions de race. – Révolution. – Danger du Continent tout entier. – Nécessité d’en constituer le gouvernement général sur la base des nationalités. – Les souverains actuels.

Synarchie européenne

CHAPITRE XII – CONCLUSIONS ET CONSTITUTION EUROPÉENNE

Le triple Conseil européen. – Conseil des Communes, économique ou emporocratique. – Conseil des États, judiciaire et politique. – Conseil des Églises, théocratique et social. – Gouvernement Général de la Chrétienté. – L’Empire de la Civilisation et l’Islam. – La Chrétienté et Israël. – Les Mongols. – La Synarchie européenne et ses conséquences dans les nations.

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