Les textes d’autrefois, l’édition d’aujourd’hui.

Histoire de mes Idées

Edgar QUINET

Plutôt que de nous présenter de la façon classique le récit de ses premières années, l’auteur choisit de nous faire assister à la naissance et aux premiers développements du monde de ses idées, nourries de ses réflexions profondes devant une société en plein bouleversement.

« Au lecteur de s’émerveiller en voyant cette merveilleuse intelligence résister au hachoir d’une « éducation » cruellement contre nature, aujourd’hui difficilement imaginable. »

(Édition annotée.)

   

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La France allait renaître, je n’en pouvais douter. Et qui nous empêchait de servir à cette renaissance ? Pourquoi, moi aussi, n’y porterais-je pas mon grain de sable ? À peine cette idée m’avait-elle apparu, je me sentais transformé. Quelle force pour tout endurer ! quel aiguillon ! Dans ces instants, je me croyais et j’étais vraiment capable de quelque chose. Je voyais comme accompli ce que je désirais avec tant de ferveur.

Je me remettais à l’œuvre. Mais, hélas ! aussitôt deux esprits que je trouvais en moi m’embarrassaient et m’empêchaient d’avancer : le dix-huitième siècle qui voulait continuer de vivre, avec lequel j’avais été élevé, nourri, et le dix-neuvième qui prétendait à naître. Auquel fallait-il obéir ? Lequel écouter ? C’étaient véritablement deux âmes qui prenaient pour lieu de leur lutte l’âme de chaque homme de ce temps-là. Je ne voulais renoncer ni à l’un ni à l’autre, et j’étais trop neuf, trop désarmé encore pour essayer de les concilier. Que faisais-je alors ? Je cédais tantôt à l’un, tantôt à l’autre, au risque de me disperser moi-même. Ce violent combat que j’étais incapable de régler était une autre cause d’angoisse et de douleur profonde ; cela ressemblait au supplice de Brunehault.

Edgar Quinet

17 février 1803, Bourg-en-Bresse
† 27 mars 1875, Versailles

Écrivain, philosophe, historien, homme politique, le véritable métier d’Edgar Quinet était de penser.

Ses convictions libérales, républicaines et laïques, jointes à un profond amour de l’humain, ont rapidement fait de lui dès 1848 le fer de lance du mouvement démocratique.

Condamné à l’exil, comme de nombreux autres intellectuels, après le coup d’État du 2 décembre, il refusa l’amnistie de 1859.

Il rentre en France en 1870, et jusqu’au bout continuera le combat contre les forces réactionnaires.

Comme un symbole, il décède en même temps que sont votées les lois constitutionnelles et que naît la troisième République.

Préface générale

Première partie

1 – Qu’ai-je voulu faire ?
2 – Comment s’élever à des conclusions qui ne soient pas imaginaires ?
3 – Quelle règle suivre ? Réponse de J.-J. Rousseau à cette question. Y a-t-il des vérités indifférentes ?
4 – [Sans titre]
5 – Comment inculquer à l’enfant le respect de la nature humaine ? Un souvenir de l’Église primitive.
D’où m’est venue l’idée de Dieu ? Éducation religieuse.
6 – Certines. Le mal du pays. Méthode pour apprendre à lire et à écrire. Les contes de fées. La magie.
7 – L’éducation avant la Révolution française.
8 – Comment j’appris le nom de Voltaire avant celui de Napoléon. Croyance absolue à la puissance de la volonté chez les hommes de la Révolution.
9 – Une date morale. L’éternité des peines. Passion de la justice.

Deuxième partie

1 – Première idée de la patrie et de la vie publique. Un prisonnier de l’île de Cabrera.
2 – Un conventionnel. Le prêtre marié. L’éducation sous l’empire.
3 – J’apprends à souffrir pour une cause morale. Comment la langue de la liberté s’était perdue.
4 – Première impression du théâtre. Que l’âme s’éveille dans l’éternel amour.
5 – L’épopée de l’empire et l’invasion de 1814 dans une petite ville. Figure du Pauvre sur les ruines de la France. Comment on a cessé en France d’avoir la vie légère.
6 – Retour à la barbarie. Un journal d’éducation. Le maréchal Ney. Explication des sentiments d’une foule.
7 – Les Cent-Jours dans une bourgade.
8 – Révolte d’un régiment. La cocarde tricolore.
9 – Une vision. Le revenant.
10 – Histoire de la légende. Influence d’un grand homme sur un enfant.
11 – Waterloo. Seconde invasion. En quoi elle a différé de la première.
12 – Méditations sur le système du monde au milieu des Cosaques. Pourquoi certains hommes restent ignorés avec des facultés qui eussent dû les rendre immortels.
13 – Pourquoi je devenais un disciple de la force et du hasard. Deux éducations opposées. Premier débrouillement de l’intelligence. Comment les hommes perdent la capacité de comprendre. Le dix-neuvième siècle dupe d’Ossian.
14 – Éveil de l’imagination par la musique. Impression de la terreur blanche de 1815. Premier sentiment de la fragilité des choses et des hommes. Influence de la chute de Napoléon sur la destinée privée de chaque homme. Révolution dans l’éducation.

Troisième partie

1 – Premier contact avec la société réglée.
2 – La Jardinière de Raphaël. Différence réfléchie entre les paysages.
3 – La première communion. Réconciliation de deux Églises dans la pratique d’un enfant.
4 – Délices de la vie bienheureuse. Pourquoi cet état n’a pas duré. Différence entre l’art et la foi.

Quatrième partie

1 – Changement de tempérament de tout un peuple.
2 – Les cours prévôtales. Danger de la rhétorique dans les affaires d’État. Suite de l’histoire morale de la légende. Deux voies : celle du peuple, celle des esprits cultivés.
3 – Comment se marquent les différentes saisons de la vie. Première vision de la beauté.
4 – Simple histoire.
5 – Premier regard sur le monde des esprits. Première révélation de l’histoire. L’antiquité et l’adolescence. Influence des invasions de 1814 et 1815 sur l’éducation intellectuelle des hommes de notre temps. Que la vue des barbares a donné à notre temps l’intelligence des époques de barbarie.
6 – Lecture de la Bible dans l’église. Qu’en résulte-t-il ? Comment la forme historique devient la méthode du dix-neuvième siècle.
7 – La philosophie et la poésie des mathématiques. La Muse Uranie. Si les mathématiques tarissent l’imagination. Aversion pour les paradoxes.
8 – Premières compositions en vers. Puissance du mètre pour rendre l’équilibre à l’âme.
9 – Amitiés.
10 – Derniers jours de quiétude.
11 – Lutte contre la nature environnante. Caractère des lieux. La mauvaise Bresse et les Dombes. Nos marais Pontins.
12 – Premiers essais en prose. Difficultés particulières à notre génération. Son caractère. Tableau de la France avant sa renaissance littéraire et politique. Deux siècles aux prises. Le dix-huitième et le dix-neuvième. Isolement moral.
13 – Le choix d’un état. Préjugés contre l’enseignement et les lettres. Conclusion.

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